JENNY, ROBERT
ROBERT
Oui , j'en jure à vos pieds , Jeiitiy , je vous adore.
JEtVNY.
x\h , mon Dieu ! qu'est ce là ? Relirez-vous , Monsieur , Vous me faites mourir de trouble, de frayeur; Fuyez , retirez-vous , sortez.
ROBFRT.
Prenez courage ', Laissez-moi près de vous fcure têle à l'orage.
JENNY
Imprudent! si ma tante avait surpris vos pas '•
ROBERT
Cette main qu'à mes vœux on ne ravira pas , Laissez-la moi presser.
JETSriVY.
Fuyez : quel trouble extrême !
ROBERT
Ah ! je n'en ferai rien : vous lavez dit vous-même.
JENNY
Je l'ai dit ; mais , Monsieur , qui vous devinait là ? Je ne le dirai plus.
ROBERT
Les femmes . les voilà , Désavouant soudain l'aveu qui leur écliappe.
N'ajoutez pas, Robert , au malheur qui me frappe. Comment vaincre ou parer tous les maux de ce jour ? Impossible.
" ROBERT
Est-il rien d'impossible à l'amour ?
Je sais qu'à lord Edouard l'intérêt vous destine.
JENNY
11 est vrai.
ROBERT
Se peut- 11 que l'on vous détermine A signer le bonheur d'un autre époiix que moi ?
JE1?(NY
Non , Je mourrai plutôt q^ie de trahir ma foi.
ROBERT
Je reconnais Jenny.
JENNY
Mais j'ordonne sur l'heure Que partant pour Oxford vous quittiez ma demeure , Et ne reparaissiez que nos périls passés. Peut-être mes aveux réussiront assez
Pour dégoûter Selmours d'un hymen qui m'outra«>e.
POLFRT.
Ah ! VOUS lui pljiîrez trop. Moi , j'aur u's le courage
De vous abmdoiiiHT, et dans le jour fatal
Où peul-ètre un contrat vous Ivre à mou rival ?
JE\NY
Votre présence ici peut nous êtie contraire.
ROBERT
Je veux voir lord Selmours.
JENNY
Qcw prétendez-vous faire ?