SCÈNE V
Une campagne. La petite maison de Don Juan au fond à droite.
( Grand jour. )
DON JUAN, LEPORELLO
Récitaiit
DON JUAN
Voyons , qu*est-ce ?
LEPORELLO
Excellence, une importante affaire....
DON JUAN
Oh! sans doute. Au fait...
LEPORELLO
Mais jurez-moi, monseigneur , Si vous voulez me battre après , de n'en rien faire.
Je te le jure sur l'honneur.
Hum!
DON JUAN , préoccupé.
Pourvu qu'il ne soit pas dit une parole Du commandeur. — Va donc , l'amour fuit, le temps vole !.. Et d'ailleurs , n'est-il pas bien mort ? LEPORELLO.
Bien mort; et s'il osait se plaindre, il aurait tort. Mais...
DON JUAN
Mais , par une nuit si noire , Sa fille n'a pas vu qui j'étais , tu le sais,
12 DON JUAN
Ainsi... pourquoi toujours parler de cette histoire Maraud !
LEPORELLO
Vraiment, c'est vous.
DOIV JUAN.
Assez.
Eh bien ! qu'avais-tu donc à me dire ?
LEPORELLO
N écoute.^
Non.
Ah!... personne
LEPORELLO
Je puis parier en Hberté ?
DON JUAN
Oui. Fais vite, je te l'ordonne.
LEPORELLO , ai^ec mystère.
Hier au soir , j'ai consulte Deux hommes , voyez-vous , de science profonde : L'un docteur, l'autre moine à Burgos, s'il vous plaît, Tous deux m'ont dit qu'àmoins d'un changement complet, Nous serions^ vous et moi, brûlés vifs dans ce monde.... Et dans l'autre.
DON JUAN
Après ?
LEPORELLO
C'est déjà Bien suffisant comme cela.