ACTE I, SCENE V. i
— Bref, je venais... pardon... vous demander mon compte, Afin que vous soyez brûlé tout seul, — Voilà.
DON JUAN
Poltron! Tu m'appartiens... N'as-tu donc pas de honte .^* Si tu me quittes , sot , je t'enverrai là-bas , Servir le commandeur.
LEPOUELLO.
Je ne vous quitte pas.
Mais, pour les péchés de votre âme , Ah! revenez à votre femme ; Don' Elvire qui va toujours nous poursuivant, Pleurant...
Je l'ai prise au couvent ; Qu'elle y retourne.
LEPORELLO
Mais elle est charmante , Elvire !
DON JUAN
Mais elle est ma femme !
LEPORELLO
Ah, monseigneur!...
DON JUAN
Qu'est-ce à dire.^^ Ma vie est donc...
LEPORELLO
Très-bonne aai fond... Mais, quelquefois... Par exemple, vous voir marier tous les mois...
,4 DON JUAN
DOIV JUAN.
Ah! c'est le charme !... Avec ma figure et mon âge ,
Dois-je m'ensevehr au tombeau d'un ménage ,
Comme un homme de rien ?
Une femme , c'est trop ; toutes , à la bonne heure !
Gela tourmente moins. — Puis , c'est le vrai moyen
De trouver enfin la meilleure.
LEPORELLO
Ou le diable.
A propos , sais- tu pourquoi je viens ?
LEPORELLO
Quelque nouvel amour pour notre liste...
DON JUAN
Bien !
Très-bien ! — J'aime une dame , un ange de Castille , Qui vers la nuit tombante, en croisant sa mantille ,
Va de ma petite maison Franchir le seuil brûlant où l'on perd la raison. Chut î je sens venir une femme.
( Elvire parait au fond du ihéâlre avec des valets. ) LEPORELLO.
Quel nez
DON JUAN
Pas mal , vraiment.
LEPORELLO
Quels yeux !
DON JUAN
Guettons la dame,
Viens.