OBSERVATION XIV
(Rob. Leuper, Annales des mal. de l'oreille, n° 10, octobre 1890),
Le nommé G... (Alexandre), âgé de 40 ans, employé chez un marchand de vins, entre le 9 octobre 1886 à l'hôtel Tenon, salle Parrot, n° 2. Bien portant Jusqu'à il y a 3 ans. Depuis est devenu alcoolique.
Pas d'antécédents d’impaludisme ni de syphilis. Il y a 3 ans, faiblesse progressive — son ventre a grossi très lentement — 3 ponctions abdominales ayant donné.
la 4° 8 litres de liquide.
122 he En »
la 3° 5 » »
Pendant les derniers mois, le malade aurait saigné par « de petites veines » ayant crevé au niveau des lèvres et au-dessus du sourcil gauche,
Il entre à l'hôpital plutôt gêné que souffrant.
Parfois fièvre le soir avec léger frisson.
Ictère intense.
Face et nez remarquables par le développement et les varicosités de leurs vaisseaux superficiels. |
Symptômes très nels d’alcoolisme : tremblement très prononcé de la langue, des lèvres, des mains ; cauchemars, pituites le matin...
Ventre assez développé.
Foie très gros remontant jusqu’à environ 2 travers de doigt au-dessous du mamelon, dépassant en bas, d'environ 3 travers de doigt, le rebord costal. Pas de bosselures à sa surface.
Aux jambes, œdème assez considérable. À 5 Ysambert.
Eire
Pas d'appétit.
Le 20 octobre : Hémorragie assez abondante par l'oreille gauche.
Le 22 : Etat général grave. — N'a rendu que 250 grammes d'urine dans les 24 heures.
Le 23 : Nouvelle otorragie par l'oreille gauche et plus abondante que la première.
Le malade n'avait jamais remarqué auparavant aucune hémorragie par ses oreilles.
Le 25: Saigne par l'oreille maintenant tous les jours, mais en quantilé moindre que les premières fois.
Le 27 : Urines peu abondantes.
Le 98 : Le malade se fait emporter, ne voulant pas mourir à l'hôpital. Son
état est très mauvais.
$ VIIT. Tuberculose.
Les complications auriculaires dans la tuberculose ne sont pas très rares, et donnent lieu, parfois, à des hémorragies très graves. Les principales de ces complications sont le lupus et l’otorrhée. |
À. Lupus. — Le lupus se montre au pavillon, d’où il se propage quelquefois au conduit.
Gruber l’a observé sur le tympan (1); nous en avons nousmême constaté un cas à la clinique otologique de M. le D' Moure; Gradenigo l’a observé dans l'oreille moyenne (2). Dans ce dernier cas, il s'agissait d’un lupus de la muqueuse naso-pharyngienne s'étant propagé par la trompe à la cavité de l'oreille moyenne.
Mais nous n'avons trouvé aucune observation où il y ait eu
(1) Garnault, Sem. Méd., janv. 1894.
(2) Gradenigo, Ann. des malad. de l'oreille, fév. 1889.
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Fa
hémorragie. Néanmoins, nous pensons que le fait peut se présenter, étant donné, d’une part, la grande vascularisation du tissu de nouvelle formation, et, d'autre part, sa tendance à l’ulcération.
Les caractères de l’hémorragie seraient alors différents suivant que le lupus siègerait sur telle ou telle partie de l'organe auditif.
B. Olorrhée. — Cette complication est plus fréquente que la précédente ; elle survient surtout à la période de cachexie et est d’un mauvais augure pour le phtisique.
Le principal caractère de cette otorrhée est d’être éminemment destructive. C’est ce qui explique, du reste, ses complications si redoutables, soit que le pus ayant carié les parties profondes en se portant vers le crâne ait déterminé une méningite ou un abcès du cerveau, soit qu’étant resté enfermé dans la caisse, ilait déterminé la carie du rocher, et, par suite, lésé quelque gros vaisseau (artère carotide interne, golfe de la veine jugulaire, sinus pétreux supérieur, etc.), d’où hémorra-
gie grave.
Nous allons reproduire l’observation d’une otorrhée chez un phtisique, au cours de laquelle une ulcération de la carotide interne à déterminé une oforragie mortelle.