OBSERVATION XXXI
(Triquer, Leg. clin., 2e partie, p.152).
Un jeune enfant de 7 à 8 ans fut amené à la clinique, l’année dernière et sa mère nous pria de le guérir d'un écoulement de sang qui avait lieu par l'oreille droite depuis plusieurs jours.
Nous examinons l'oreille et nous en trouvons l'entrée rouge, gonflée, pleine de sanie purulente, mêlée de sang très rouge. Ayant écarté, aussi doucement que possible, les bords. du méat, je vis bien distinctement deux abcès glandulaires, ronds, acuminés, de la grosseur d’un pois à leur base, et occupant les parois inférieures et latérales du conduit auditif, à 4 millim. environ de son orifice; ils étaient ouverts; et l’ouverture étroite et sinueuse laissait écouler du pus et du sang en quantité; je les débridai largement,
puis des fumigations adoucissantes et des cataplasmes athevèrent la guérison.
Nous voyons, d’après cette observation, que les abcès du conduit donnent lieu parfois à des écoulements de sang assez importants, puisque dans le cas actuel, c’est l’hémorragie qui a inquiété la mère du petit malade et l’a déterminée à aller à la clinique du docteur Triquet.
Les abcès sous-périostiques du conduit auditif externe sont bien moins fréquents que les abcès sous-cutanés, mais 1ls peuvent comme eux donner lieu à des hémorragies. Ces abcès sont diffus et ont une grande tendance à envahir les parties voisines. Le gonflement qu’ils déterminent est tel, que le conduit est obstrué et qu’il en résulte pour le malade de la surdité avec des bourdonnements d'oreille. Leur principal caractère est la douleur, qui est extrêmement vive et qui est exaspérée par les mouvements de la mâchoire.
Ces abcès sous-périostiques se terminent le plus souvent par suppuration, se faisant jour au dehors. Le cartilage et les os
du conduit se trouvant dénudés, se nécrosent et donnent naissance à des séquestres et à des fongosités, sources fréquentes d'hémorragies. |
8 II. Otite externe hémorragique.
Nous avons déjà eu l’occasion, dans notre première partie, de parler des otites externes hémorragiques. C’est la forme d’otite qui s'observe le plus fréquemment dans la grippe, et Delstanche, lors de l'épidémie de 1890, en a étudié tout particulièrement les caractères. Pour Politzer, ces otites se rencontreraient surtout chez les enfants et sans cause connue (1).
Les otites externes hémorragiques, sont caractérisées par un épanchement de sang dans la portion osseuse du conduit auditif externe. L'exsudat hémorragique soulève l’épiderme et con:titue ainsi des tumeurs bleuâtres, allongées et fluctuantes. Elles s’accompagnent de douleurs plus ou moins intenses, de bourdonnements d'oreille et de légère surdité.
Sion ponctionne une vésicule hémorragique ou qu’elle se rompe spontanément, on voit aussitôt se produire un écoulement de sang.
C'est ce qui eut lieu dans l’observation VII du chapitre « Grippe » où nous voyons chez le malade qui en fait le sujet, qu'une bosse sanguine de couleur chocolat recouvre la partie de la paroi postérieure du conduit adjacente au tympan et que l'ouverture de cette ampoule a donné issue à du sang noir et épais. |
Dans l’observation suivante, le malade présente une ampoule noirâtre, occupant la moitié antérieure du conduit osseux et bouchant presque complétement le méat. L'ouverture de l’ampoule a donné lieu également à wn léger écoulement de sang.
Enfin l’observation X nous montre que l’otite externe hémor-
(1) Politzer, Traité des mal. de l'oreille, p. 556.