‹ Séméiologie des Hémorragies Spontanées de l'OreilleChapitre 5 sur 56 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans le courant de notre dernière année d’études à Bordeaux, nous avons eu l’occasion d'observer à la clinique otologique de la Faculté quelques cas d’hémorragies spontanées de l'oreille ; et,en parcourant la littérature médicale, il nous a été facile de nous convaincre qu'aucune étude d'ensemble n'avait été faite sur ce sujet, aussi avons-nous pensé qu’il y aurait un intérêt pratique à grouper les documents épars dans la science.

Nous nous sommes donc décidé, sur les conseils de M. le D° Moure, à en faire le sujet de notre thèse inaugurale.

Mais nous n’avons pas la prétention de soumettre à l'appréciation de nos juges un travail absolument complet sur la question, cependant nous avons fait un assez grand nombre de recherches bibliographiques pour nous permettre de réunir une cinquantaine d'observations que nous avons résumées ou publiées in extenso suivant leur importance.

Nous éliminerons de notre sujet les hémorragies par traumatismes (directs ou indirects), par conséquent consécutives aux fractures du rocher, du conduit auditif externe ou aux blessures de ce conduit, de la membrane du tympan et Ce la caisse.

matt Carr

Dans les fractures du rocher où l’otorragie est un symptôme de premier ordre, la nature de l'accident : un coup, une chute sur la tête ou sur les pieds, un projectile, et l'instantanéité de l'hémorragie qui est plutôt continue et abondante, sont des signes qui ne permettent en général aucun doute.

* Dans les fractures du conduit auditif par violence sur le menton (chute, coup de pied de cheval, coup de poing), le malade ressent une douleur très vive en remuant la mâchoire et en même temps perçoit une légère crépitation dans l'oreille correspondante.

Avec les blessures du conduit, de la membrane du tympan et de la caisse, nous éliminons les hémorragies produites par des instruments piquants, tranchants ou contondants portant directement sur l'organe, comme dans le fait de se gratter l'oreille avec le doigt, avec une épingle, un cure oreilles, etc.

Les otorragies produites par la présence de corps étrangers dans l'oreille rentrent dans cette catégorie; qu'il s'agisse de corps inertes, tels que fragments de bois, perles de verre, grains de chapelet, etc., ou vivants, tels que mouches, puces, fourmis, vers, etc.

Nous éliminerons également les écoulements de sang consécutifs aux ruptures de la membrane du tympan, dues à un refoulement brusque de l'air dans le conduit auditif externe, et à une exagération de pression de l’air dans la caisse, c’est-àdire celles qui se présentent d’une part chez les artilleurs à la suite d'une violente détonation, dans les chutes d'un lieu élevé, après un soufflet, etc., et d'autre part celles qui ont lieu chez les pendus, dans la strangulation, dans les quintes de toux, dans l’éternuement, etc.

Nous ne parlerons-pas non plus des hémorragies chirurgicales faites dans un but thérapeutique. Telles sont celles consécutives à la ponction ou à la perforation de la membrane du

tympan pour évacuer la caisse de son contenu ; celles consécutives aux tentatives malheureuses d'extraction de corps étransers ou de cathétérisme.

Enfin nous éliminerons les hémorragies de l'oreille interne, qui nous feraient dépasser notre but, en nous obligeant à traiter dans un chapitre spécial un sujet très complexe, et qui mériterait à lui seul une étude spéciale (maladie de Menière).

Nous diviserons donc notre travail en trois parties. Dans la première, qui sera précédée d’un chapitre spécial pour l’anatomie vasculaire de l'oreille, nous traiterons des hémorragies auriculaires dans les maladies générales, dans les névroses et dans les troubles de la menstruation.

Dans la seconde, nous nous occuperon;s des hémorragies de l'oreille externe, pavillon et conduit auditif.

Dans la troisième partie, nous étudierons les hémorragies de l'oreille moyenne, membrane et caisse du tympan.

Nous envisagerons pour chacune des deux dernières parties les lésions inflammatoires aiguës, les lésions inflammatoires chroniques et les tumeurs.

Mais avant d'aborder notre sujet, nous tenons à remercier tout particulièrement M. le docteur Moure, à qui nous devons l'idée première de ce travail. C’est grâce à ses conseils et au bon accueil qu’il nous a fait tant à sa clinique que chez lui où il a mis gracieusement à notre disposition tous les ouvrages qui nous étaient nécessaires, que nous avons pu recueillir un certain nombre d'observations (dont quelques-unes personnelles) et que nous avons pu mener notre travail à bonne fin.

C’est donc pour nous un devoir que d’assurer M. le docteur Moure de notre entier dévouement et de lui adresser le sincère hommage de notre reconnaissance.

Nous remercions également M. le professeur Arnozan du grand honneur qu'il nous fait en acceptant la présidence de notre thèse.

Page 1