‹ Séméiologie des Hémorragies Spontanées de l'OreilleChapitre 51 sur 56 · RAR · texte numérisé non relu

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… C'est surtout la carotide interne qui donne lieu par son ulcération à ces hémorragies. Si nous cherchons, en effet, à nous rappeler les rapports de la caisse du tympan, nous voyons qu’elle n’est séparée de cette artère, en avant, que par une mince couche osseuse. On conçoit donc clairement pourquoi dans la carie du rocher la carotide est si facilement lésée.

Toutefois ce n’est pas le seul vaisseau important qui, en pareil cas, puisse occasionner une hémorragie grave. Ainsi Triquet (1) signale une otorragie suivie de mort, reconnaissant pour cause wne érosion du golfe de la veine jugulaire. Cette érosion était déterminée par une carie de la caisse du tympan.

Cet accident ne doit pas nous surprendre, puisque nous avons vu que le golfe de la veine jugulaire n’était recouvert que par le plancher de l'oreille moyenne, fort mince en cet endroit.

Si nous nous reportons à l’observation IV de notre travail, nous nous trouvons en présence d’un cas d'hémorragie mortelle due à une ulcération du sinus pétreux supérieur produite par un séquestre du rocher. Le malade qui était convalescent de scarlatine était atteint d’otorrhée.

Notre observation XI est aussi relative à un cas d'otorragie mortelle par ouverture du sinus pétreux supérieur survenue dans le cours d’une otorrhée chez un diabétique. Le rapport du sinus pétreux supérieur qui suit le bord supérieur du rocher nous explique la possibilité de ces hémorragies.

L’artère méningée moyenne qui est en rapport avec la face interne et la face supérieure de la caisse, ainsi que le sinus latéral qui est en rapport avec la face interne de l'apophyse mastoïde peuvent de la même façon causer des otorragies graves. |

Au sujet des hémorragies dues aux lésions de la carotide

(1) Triquet, Leg. clin., 2e part., p. 138.

interne (de beaucoup les plus fréquentes), Politzer (1), qui en a observé 13 cas confirmés par l’autopsie, pense que l'ouverture de la carotide est moins due à l'usure produite par le contact d'un séquestre qu'aux chocs successifs des ondées sanguines ‘dans un vaisseau dont les parois enflammées se ramollissent de plus en plus au contact du pus...

Les signes es hémorragies artérielles par l'oreille trouvent leur place ici, et bien que nous en ayons déjà parlé au sujet des otorrhées chez les phtisiques, nous allons les décrire de nouveau. |

Ces signes, qu’il s'agisse de la carotide intern2 ou d’une autre artère sont : la grande quantité de sang pur, rouge, rutilant, qui s'échappe du conduit auditif par jets saccadés, isochrones aux battements du cœur. Toutefois, nous savons déjà qu’il n'en est pas toujours ainsi et qu'il peut n’y avoir qu’un léger écoulement de sang.

D'autre part, si l’hémorragie provient d’une artère telle que la méningée moyenne ou d'une petite branche quelconque de la carotide, la quantité de sang qui s'écoule par l'oreille est moins considérable.

Le sang peut couler en même temps dans la gorge par la trompe d’'Eustache.

Ces hémorragies produisent souvent dessignes d’anémie avec syncopes et collapsus.

Généralement elles sont indolores : Sur 13 cas que Politzer a observé, un seul malade eut de la douleur.

Quand la carotide interne est ulcérée, la mort est fatale. Des 13 cas de Politzer, 3 moururent par suite de la perte rapide du sang. Les autres eurent jusqu’à leur terminaison de nouvelles hémorragies dont le nombre fut variable (1 à 20).

(1) Politzer, Tr. des mal. de l'oreille, p. 482.

Que

La durée de chaque hémorragie est elle-même très variable (en moyenne de 4 à 10’. Politzer).

Dans un cas de Broca-Jolly (Arch. de méd., 1866), elle dura 7 heures et dans un autre cas de Hermann, elle dura 6 jours, avec une interruption de 24 heures (1).

Dans les cas où on fit la ligature de la carotide, la mort ne fut reculée que.de quelques jours, si ce n’est dans le cas de Pilz cependant, où le malade survécut 4 semaines.

Enfin, quand on a affaire à une hémorragie de la carotide, la compression de ce vaisseau arrête l'écoulement de sang.

Le malade qui fait le sujet de notre observation XV eut une hémorragie mortelle par l’oreille gauche due à une ulcération de la carotide interne dans le cours d’une otorrhée. À l’autopsie, on trouva la membrane du tympan détruite et une carie du rocher. La carotide avait été ulcérée par deux petits séquestres mobiles.

Dans le cas rapporté par M. Sée (2), il s'agit d'otorragies graves et répétées survenues dans le cours d’une otorrhée chronique et ayant déterminé la mort. A l’autopsie, on constata l'érosion de la carotide interne.

Les hémorragies auriculaires consécutives aux ulcérations des sinus et de la veine jugulaire sont plus rares que celles qui intéressent la carotide.

Le sang ne coule pas en jets saccadés comme dans les hémorragies artérielles et ne présente pas non plus la couleur rutilante; il est rouge sombre. De plus, la compression de la carotide n'arrête pas l'otorragie.

(1) Politzer, loc. cit.

(2) Triquet, Leg. clin., 2e p., 1866, p. 136.

AU ru

SIL. Hémorragies de l'oreille consécutives à des épistaxis.

Dans les otorrhées chroniques avec perforation du tympan, le sang d'une épistaxis peut, dans le décubitus latéral, passer par la trompe, venir dans la caisse et donner lieu à une hémorragie de l'oreille.

Gellé a observé un cas de ce genre chez un enfant cachectitique qui fut trouvé un matin baigné dans son sang et à demiévanoui. L’oreiller surtout était couvert de sang, l’orifice des narines montrait quelques caillots et la chemise était rouge sur le devant de la poitrine.

L'enfant pâle et aphone toussait depuis longtemps et avait saigné du nez la veille au soir. L’oreille du côté sur lequel il était couché était remplie de caillots et coulait encore.

L'auteur apprit par linterrogatoire que le malade avait depuis plusieurs années un écoulement purulent par l'oreille gauche.

La perforation du tympan permit la sortie du sang qui à coulé dans l’oreille moyenne pendant le décubitus.

Ces otorragies se substituant aux épistaxis, ne ressemblent en rien à celles qui s’observent chez les hystériques ou chez les neurasthéniques et où, du reste, la membrane du tympan est intacte (obs. XXVIIT).

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