C. Tumeurs de l’oreille moyenne
$ 1. Polypes de la caisse.
Nous avons déjà étudié les caractères des polypes au sujet du conduit auditif externe et du tympan, êt 1l nous reste peu de choses à y ajouter.
Nous rappellerons seulement que leur point d'élection est la
EPOpe
muqueuse de la caisse et de la partie supérieure de la trompe (de Trœæltsch}, et qu'on les observe surtout dans les suppurations chroniques de l'oreille moyenne où elles sont une des causes les plus fréquentes d’hémorragies.
Ces tumeurs se présentent souvent sous forme de granulations polypoïdes rougeâtres tapissant la muqueuse de la caisse. D'autres fois, elles acquièrent un volume tel qu’elles viennent à travers la membrane du tympan perforée faire saillie dans le conduit auditif externe.
Nous avons vu au sujet des polypes du conduit que, si en général l’hémorragie est insignifiante, il est cependant des cas où, par son abondance, elle peut déterminer des syncopes (observ. XXXII). Il en est de même des polypes de la caisse qui peuvent causer des écoulements de sang très abondants et sortir du conduit par jets violents, comme dans le cas rapporté par Miot (1): Il s'agissait d’une dame qui, au cours d’une otorrhée, avait eu un écoulement de sang par la même oreille qui devint plus abondant une seconde fois et qui bientôt cowla de l'oreille sous la forme d'un jet assez considérable pendant plusieurs minutes. Cette hémorragie se produisit souvent et affaiblit énormément la malade.
L'examen permit de constater l'existence d’un polype inséré dans la partie supéro-postérieure de chaque caisse, et d’une suppuration très abondante.
$S Il. Angiomes caverneux du Rocher.
Quelques polypes de la caisse du tympan, dit Politzer, sont traversés par de nombreux vaisseaux sanguins et prennent ainsi le caractère de polypes caverneux et d’angiomes.
(1) Miot, Tr. pral. des mal. de l'oreille, 1811, p. 332.
Ces angiomes caverneux sont des tumeurs où le sang circule dans un système lacunaire analogue au système caverneux des organes érectiles. Elles sont veineuses ou artérielles. Les premières sont molles, bleuâtres à sang noir, à marche lente; les secondes sont plus consistantes, rosées ou rouges, d’un accroissement plus rapide et plus souvent ulcérées.
Les angiomes caverneux du rocher donnent lieu à des hémorragies auriculaires, spontanées, abondantes et répétées.
Ces tumeurs sont très rares; nous n’en avons trouvé que trois observations dans toute la littérature médicale et encore dans le cas rapporté par le D' Huntington Richards (de New- York) il ne se produisit pas d’hémorragies spontanées.
Nous allons résumer les deux autres observations qui sont dûes, l’une à Politzer, l’autre à M. Moure.