MONSEIGNEUR
La véritable grandeur ne tire pas tout son éclat des titres que la terre peut reconnaître et admirer chez ceux qui ont la charge de présider au gouvernement des nations. Non; elle a encore des faveurs pour d’autres conditions, d’autres états, où brillent, à part les qualités respectées par les hommes, les vertus que l'Eglise se plait à honorer dans ses enfants et dont elle propose la pratique aux âmes qui lui sont si chères. Celui que nous honorons aujourd’hui, par cette assemblée, aussi distinguée que nombreuse, en est unexemple, Oui, Mgr. Joseph-Sabin Raymond, Prévost du chapître de ce Diocèse, et ancien Supérieur du Séminaire de cette viile, mais avant tout homme dévoué par toute sa carrière à la grande œuvre de l'éducation et prêtre éminent par son intelligence et ses hautes vertus méritait, à tous égards, l'attention, que nous lui portons dans cette fête, lugubre, il est vrai, mais qui est encore un hommage plein de tendresse de la part des élèves anciens et actuels de cette institution.
Ce concours des membres du Clergé de ce diocèse et des diocèses voisins, ces représentants de l'état et de la magistrature, ne proclament-ils pas le respect qui lui venait de toutes parts? C'est un concert d'éloges qui s'échappe de vos poitrines émues, et je suis le seul ici à élever la voix pour exprimer vos sentiments,
Puissé-je réussir! comptant sur l'affection et la reconnaissance que je fus toujours heureux de nourrir, à divers titres, pour mes maîtres d'autrefois. J'aurai alors satisfait à vos légitiraes désirs, en présence du vénéré Pontife qui a voulu interrompre sa visite pastorale pour donner au regretté défunt un suprême témoignage de l'estime que ses prédécesseurs et luimême eurent toujours pour lui, et à cette maison une preuve de l'intérêt et de la confiance qu'elle sut toujours mériter.
O vénérable défunt, je tremble en cherchant à toucher même avec respect le double diadème que vous imposa Dieu pour la gloire du clergé canadien ! Vous fütes dans ce sanctuaire de la science et de la vertu un flambeau d’un vif éclat, une colonne forte et honorée, un homme de dévouement dont le souvenir restera à jamais béni, Votre carrière s'y écoula comme un fleuve aux ondes tranquilles dont toute l'ambition fut de rafraîchir ceux qui eurent le bonheur de vous connaître dans l'œuvre de l'éducation chrétienne et dans les exercices de la piété saceïrdotale : voilà les deux diadèmes qui sont les vôtres et dont je voudrais faire voir tout l'éclat,
C'est le partage de ce discours.