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l’écrivait sans savoir du reste que c’était le sien. C’est en effet le seul aphasique sensoriel que j’ai observé jusqu’ici, qui ne reconnut pas son nom imprimé ou manuscrit.
Cet état servile de la copie ne se rencontre que dans l’aphasie senso-
Fig. 12. — États des divers modes de récriture chez un homme Tort intelligent et très cultivé atteint de céciié verbale pure. Observation et autopsie publiées dans mon travail sur les différentes variétés de cécité verbale. ( Mêm . du la Soc. de Biol., 1802, p. 65.) Ici, l’écriture spontanée et sous dictée se font comme à l’état normal ; la copie seule est défectueuse et ne s’exécute que lentement.
1* Ecriture spontanée :
V Écriture sons dictée :
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TROUBLES DU LAXUAGE.
4" Écriture d'après copie d'imprimé. — Remarquer qii'iri encore la forme des lettres est complelemenl changée. Les lettres s et j, comparées aux mêmes lettres dans récriture spontanée, sous dictée ou d'après copie de manuscrit, sont caractéristiques : ce sont des lettres d imprimé et non de
rielle el dans l’aphasie totale. Sa constatation a une réelle importance au point de vue du diagnostic.
Dans Y aphasie totale les troubles de l’écriture spontanée et sons dictée sont les mêmes <jue dans l’aphasie sensorielle. La copie, en ellet, s effectue d’une manière servile. Dans cette forme 1 hémiplégie droite est de règle.
Dans la cécité verbale pure, l’écriture spontanée et sous dictée s exécutent comme à 1 état normal, à cette petite différence près que, comme dans l’aphasie sensorielle ordinaire, souvent les caractères sont plus gros qu’avant la maladie — les malades, en effet, écrivent en général comme nous écrivons les yeux fermés — et que du tait de 1 hémianopsie, souvent les lignes d’écriture ne sont pas tracées horizontalement, mais plus ou moins obliques en bas et à droite (fig. 12). La copie s effectue moins mécaniquement que dans 1 aphasie sensorielle. Dans tous les cas qu il m’a été donné d’observer, j ai pu constater que, dans la cécité verbale pure, la copie se fait beaucoup moins servilement et plus rapidement que dans l’aphasie sensorielle ordinaire. Le sujet ne transcrit pas 1 imprime en imprimé, bien que son écriture ne soit pas la même que lorsqu il écrit spontanément ou sous dictée (fig. 10 et 11).
Dans la surdité verbale pure enfin, l’écriture sous dictée est impossible et les autres modalités de l’écriture — spontanée et d après copie — s’effectuent comme à I état normal.
Marche et évolution des altérations de l’écriture chez les aphasiques. — Dans l’aphasie motrice avec altération du langage intérieur ou aphasie de Broea, l’évolution de I agraphie est subordonnée à celle de l’aphasie. Si cette dernière persiste, 1 aphasie sera permanente. Si les troubles de la parole parlée vont au contraire en diminuant, il en sera de même pour l’écriture. Si l’aphasie s améliorant et aboutissant à la guérison l’hémiplégie droite persiste — et cest là un fait des plus fréquents, — le malade ne pourra plus jamais se servir de sa main droite pour écrire, et il sera obligé d’apprendre à écrire de la main gauche. Mais, il ne pourra apprendre à écrire de cette main gauche <pie lorsqu’il commencera à pouvoir parler. C’est là un fait facile a constater lorsque l’on étudie, plusieurs années de suite, un certain nombre d’aphasiques moteurs corticaux atteints d hémiplégie droite, lanl que le malade ne commence pas à parler, les essais d écriture spontanée et sous dictée sont infructueux et très pénibles et ils ne donnent quelques
résultats que lorsque la parole commence à revenir. Ce n'est que dans les rares cas où l'aphasie de Broca se transforme en aphasie motrice pure, c’est-à-dire lorsque le langage intérieur revient à l’état normal, que l’écriture réparait, l'aphasie motrice restant persistante.
On peu I poser en loi générale, que les progrès de l’écriture se font parallèlement à ceux de la parole et (pie l’agraphie ne disparait que lorsque le langage articulé est revenu à l'état normal, c’est du moins ainsi que les choses se passent d’ordinaire. Cependant, et j’ai déjà mentionné le fait précédemment, c’est là une règle qui n'est pas absolue ainsi que le montrent les cas de Byrom-Bramwel (1808) et de Wernicke (190ô), sur lesquels je reviendrai plus loin et dans lesquels l’aphasie motrice ne dura que peu de temps, tandis (pie l'agraphie fut persistante.
Le retour de l’écriture spontanée et celui de l’écriture sous dictée se font ensemble; mais il résulte de mon expérience personnelle, que les progrès de l’écriture sous dictée sont plus lents (pie ceux de l’écriture spontanée. Il n'est pas rare (h; voir des aphasiques moteurs, guéris de leur aphasie et de leur agraphie depuis un temps plus ou moins long, écrire spontanément plus facilement qu’ils n’écrivent sous dictée ( lig. b). C’est là un fait facile à comprendre, car, dans le premier cas, le malade peut choisir les mots qu’il veut écrire et il n’écrit (pie ceux-là. D'une manière générale enfin, il faut noter, chez l’aphasique moteur type Broca, en voie de guérison, la lenteur avec laquelle se font les essais d’écriture et la fatigue rapide que ces exercices déterminent du1/ les malades. Mais, et je tiens à insister sur ce point, la guérison totale et définitive de l’agraphie, chez l'aphasique moteur type Broca, ayant récupéré complètement I usage de la parole, esf un phénomène constant. Dans l’aphasie sensorielle, par contre, les altérations de l’écriture persistent en général indéfiniment ou ne s’améliorent que d’une manière insignifiante, particularité due à ce fait que l’aphasie sensorielle peut s’améliorer, mais que la guérison complète n'a guère été jusqu’ici observée. Dans la cécité verbale pure enfin, les troubles de la copie persistent aussi longtemps que la cécité verbale elle-même. La guérison de celte forme d’aphasie est très rare. 11 m’a été cependant donné d’en observer un cas (voir p. 94).
Il ne faut pas oublier enfin que l’agraphie peut être le premier symptôme d’une aphasie encore latente et qui se développera par la suite (Mahaim).
De tout ce que je viens de dire, il résulte donc que les troubles de l'écriture s’observent fréquemment au cours des aphasies motrices ou sensorielles; qu'ils en sont les compagnons constants dans les formes vulgaires, banales, avec altération du langage intérieur; qu'ils font défaut par contre lorsque ce langage intérieur est intact, c’est-à-dire dans l’aphasie motrice pure ou aphémie; dans les variétés pures de cécité et de surdité verbales (restriction faite, bien entendu, de l'acte de copier pour la cécité verbale pure, et de l’écriture sous dictée pour la surdité verbale pure). En d’autres termes, il existe des troubles de l'écriture toutes les fois que le langage inférieur est altéré.
Écriture en miroir. — V écriture en miroir consiste dans ce fai I que le malade écrit, non plus de gauche à droite, mais bien de droite à gauche. Cette écriture spéculaire ne constitue pas une variété spéciale d’agraphie; elle représente récriture instinctive normale de la main gauche : elle se montre parfois chez certains aphasiques hémiplégiques lorsqu’ils commencent à écrire avec la main gauche, mais c’est là une particularité qui disparait rapidement chez eux.