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BÉGAIEMENT

Le bégaiement est un vice de prononciation des mots, à tvpe irrégulièrement intermittent, principalement caractérisé par la répétition convulsive d’une même syllabe et l'arrêt convulsif devant telle ou telle autre, arrêt ayant plutôt lieu au commencement des phrases: à ces deux svmptômes s’ajoutent des mouvements convulsifs dans les muscles de la face et des membres, se produisant au moment des difficultés de langage, et un ton de voix des plus pénibles, semblable à celui d’un orateur à bout d haleine (Guillaume).

Beaucoup plus fréquent chez les sujets du sexe masculin, le bégaiement apparaît presque toujours dans l’enfance, vers trois à six ans, augmente graduellement, atteint son maximum vers quinze à trente ans et tend ensuite à diminuer avec 1 âge. Toute influence physique ou morale augmente le bégaiement. Aussi ce vice de prononciation est-il essentiellement intermittent. Tel individu qui peut réciter correctement à haute voix, dans la solitude du cabinet ou en présence de personnes amies, bégaiera d’une manière excessive en compagnie d’étrangers ou sous I influence d une émotion. Aussi 1 intensité du bégaiement varie-t-elle d un jour à l’autre. Pendant le chant, le plus souvent le bégaiement disparaît.

La cause du bégaiement de beaucoup la plus fréquente sinon Punique, e est Y émotion. Il se développe surtout brusquement à la suite d’une émotion plus ou moins violente, tantôt lentement et peu à peu. I! s’observe surtout chez les héréditaires, chez les tarés névropathiques. Parfois il se montre isolé chez le sujet qui en est atteint, souvent il s'accompagne d autres vices de conformation ou de stigmates physiques de dégénérescence, en particulier de phobies. Me ces phobies la plus fréquente est la phobie verbale (Chervin), caractérisée par un sentiment d’angoisse non

seulenicnl lorsque le sujet « loi I prononcer certains mois, mais encore, à la pensée seule (l avoir à les prononcer.

Le bÉgaiement peul être 1res accusé el plus ou moins tenace. Les I roubles de la prononciation portent sur les lettres prises individuellement, sur les différentes syllabes des mots un peu longs et sur les mois < 1 1 1 i composent la phrase. Le malade ne peut émettre un son qu’en le faisant accompagner d'une consonne, presque toujours la même (ma pour a, mess pour si ou en les aspirant, ou encore en les répétant plusieurs lois. La parole est lente, traînante; le malade s'arrête sur certaines syllabes ou mots, les allonge, pour repartir I Obstacle franchi. D’autres fois, il ne s’agit que d'une Simple hésitation sur certains mots. L émotion, la fatigue, exagèrent le bégaiement. Il est en outre le plus souvent intermittent et parfois disparaît certains jours pour revenir ensuite, lin lin le bégaiement est toujours accompagné de troubles de la respiration (Chervin). parfois si prononcées que le malade s'en rend compte. Le bègue ne peul poursuivre au delà d’un certain temps, une conversation ou une lecture sans être obligé de s’arrêter par su i h* d une fatigue, parfois excessive, dans la fonction respiratoire, l ue fois établi, le bégaiement peut persister pendant des mois et des années. Il peut disparaître spontanément mais le fait est rare. En général, il diminue d’intensité avec l'Age sauf chez les sujets qui s’affligent trop particulièrement de leur étal. Dans ce dernier cas il tend au contraire à augmenter (Chervin).

Le bégaiement hystérique est rare. Ce n’est pas h proprement parler un bégaiement car il n’offre pas les caractères du bégaiement ordinaire (Chervin). Il apparaît brusquement, à la suite d’une émotion, d’un traumatisme ou du surmenage. D’emblée il atteint son maximum: plus rarement il s’installe progressivement. Parfois enfin il précède le mutisme hystérique ou lui succède. En lui-même il n’a rien d’absolument fixe, mais frappe surtout par son ensemble de caractères et est facile à reconnaître quand une fois on l a observé.

Il est souvent influencé favorablement par une émotion, un traumatisme et disparait alors aussi brusquement qu'il est apparu. Sa patlmgénie est discutée, ballet incrimine plutôt les contractions des muscles de l'appareil phonateur tandis que Charcot el Chaberl le considèrent romme une variété de l'aphasie hystérique.

J'ai mentionné précédemment le bégaiement apparaissant au début de la paralysie générale , pour faire suite bientôt au bredouillement.

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