ACTE TROISlÈxME
Le glaive à Istar voué ne luira plus.
Si j'en crois ces pressentiments qui bizarrement nous visitent,
ma carrière s'achève. Jusqu'ici, j'ai conduit mon destin,
désormais il m'entraîne! De mon char, j'ai lâché les rênes,
et les chevaux l'emportent au hasard du chemin.
Tu as aimé la déesse d'Assour, et tu veux lui survivre ?
Précède-la dans le trépas! Dédie-moi cet acte suprême !
Je t'abhorre vivant; et mort, je t'aimerai, peut-être.
ZAK1R
Tomber sous la flèche guerrière, je l'espérais !
SÉMIRAMIS, montrant sa bague et l'offrant. Suis-je assurée, moi-même, de choisir mon supplice ? Veux-tu le sûr poison que cette bague enferme? La moitié suffira; pour moi, je garderai le reste. Ce grain noir, — tu le vois — fut un grand compagnon ; il m'aurait délivrée, vaincue ou prisonnière. Sois ainsi délivré, ô vaincu de l'amour.
ZAKIR
Reine, ceci est une épreuve ?
SÉMIRAMIS, offrant toujours la bague.
Ce poison, j'aurais pu le glisser en riant dans ta bouche. Je veux que tu consentes, et que ta propre* main tranche tes jours. Je t'offre le sommeil et non pas la torture. Tu te verras finir avec tranquillité.
Tu seras tout à coup plus vivant que jamais, magnifique, éloquent, au-dessus de toi-même. Ensuite tu croiras rêver et tu t'assoupiras. Prends, Zakir; prends, te dis-je.
Je mettrai mes yeux dans tes yeux, ma bouche sur ta bouche et mes bras à ton cou. Tu mourras doucement ; tu croiras que je t'aime. Je t'aimerai, peut-être, alors?
Zakir fasciné a pris la bague.
Ourkam paraît.
SÉMIRAMIS, siûcère.
Sublimité !
OURKAM, passant entre eux.
Stupidité !
Tu seras'donc toujours l'être d'achoppement qui feras dévier ie trait^de mon vouloir, vil jongleur, sans égardfcni aux rois, ni aux dieux? Toi, soldat sans^courag-e, rends cet anneau!
ZAKIR, à Ourkam.
Mage! réponds? Suis-je insensé/
OURKAM, à Zakir.
Oui^tu es insensé !
Si#longtemps tu vécus au préside cette femme et tu veux la soumettre!
ZAKIR
Je" vais à Naram-Sin avouer ma détresse,