‹ SemiramisChapitre 26 sur 50 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Renvoie l'homme d'Egypte...

Tu commandes l'armée; j'ai payé tes services. Veux-tu une province ? Je te donne le choix.

ZAKIR

Je veux vivre et mourir dans ton ombre!

Ton humeur m'importune. Choisis ta route et pars.

ZAKIR

Je l'emporterais avec moi l'idée suppliciante : tu aimes !

Je ne demande pas ton cœur, je veux que tu le gardes.

Par quelle aberration méconnais-tu l'assistance des Dieux?

Veux-tu transformer en huées l'acclamation de l'univers?

Ces peuples, ces pays, cette moitié du monde

qui plia sous le sabot de ton cheval,

vont célébrer ta honte et se croire vengés !

L'obstacle, homme ou montag-ne, qui a surgi, je l'ai brisé! Tu ne veux pas t'éloigner? Tu mourras!

ZAKIR

Quelle main, sur moi, oserait se lever?

La tienne !

Moi, je m'immolerais au bonheur d'un rival?

Tu vas le faire !

ZAKIR

Ah ! ma raison s'égare !

Je jure, sur ma gloire ancienne, de te bannir.

ZAKIR

Entendre ce défi des lèvres de l'idole !

Les femmes de harem dissimulent : je ne sais pas leur artifice,

et je vais à l'amour, hautement et l'œil fier,

comme autrefois j'allais à l'immortalité.

Serais-tu ce cœur prodigieux que j'ai rêvé?

Un seul m'aima, un seul du moins sut me toucher.

C'était au soir d'un terrible carnage,

en me voyant baiser un moribond

cet héroïque amant se frappa en plein cœur ;

il estima que ma caresse valait toute sa vie.

Mais il ne savait pas qu'un autre était aimé !

Ma patience s'épuise.

ZAKIR

Et ma fureur augmente. Tremble pour Keth-Aour !

Je saurais le défendre ; je saurais le venger ! Tremble pour toi, Zakir.

ZAKIR

Que ne suis-je couché, inerte et glorieux, sur un champ de bataille?

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