‹ SemiramisChapitre 32 sur 50 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

KETH-AOUR, tous deux sur le banc.

Ta tendresse, ô femme surhumaine, est une apothéose. Ton cœur, comme un autre soleil, m'éblouit. La légende dit vrai : tu es une immortelle ! Ta parole semble un écho des cieux.

Inconcevable erreur! J'incarnais l'avidité d'un peuple

et j'épuisais ma vie pour des couronnes de métal !

L'homme sage, amant ou visionnaire,

porte son univers en lui.

Il ne s'informe pas du sentiment d'autrui,

au milieu des réalités, ne cherchant que son rêve.

KETH-AOUR Tous les rêves pâlissent devant cette réalité : Sémiramis la déesse, amoureuse !

Ton souffle vivifie mon être. Ainsi s'éveille la nature à l'appel de Tammuz.

KETH-AOUR

Enchantement ! Ta voix dominatrice et brève s'adoucit, caressante, pour me parler.

C'est ta propre douceur qui me pénètre ! Oh ! délicieusement. KETH-AOUR

Déesse humaine, Isis...

Tu es le magicien qui me rend la jeunesse.

KETH-AOUR

Elle tremble la main qui brandissait le glaive.

Après un long- ennui, le bonheur nous étonne.

KETH-AOUR Ces bras meurtriers et vainqueurs se courbent à mon cou, comme un collier de joie. Des larmes ternissent tes yeux brillants ?

SÉxMIRAMIS

Elles sont douces, si longtemps refoulées ! 0 rosée de l'amour sur mon cœur renaissant, coule et l'épanouis.

KETH-AOUR Il palpite, ce sein que gardait la cuirasse .

Il obéit à ma pensée secrète.

Tout mon corps t'appartient; fais-le joyeux et que la vie me paye sa dette de véritable joie... L'ivresse d'obéir, je vais donc la connaître.

KETH-AOUR

Rêve réalisé, foudroyante allégresse 1 Tu me parles d'amour, toi ?

Es-tu bien la même, la déesse ?

Si tes yeux ne sont pas de suffisants témoins, cr ois-en tes lèvres...

KETH-AOUR

Ta bouche, seuil sacré, je ne l'ai pas franchi!

Page 1