ACTE TROISIÈME
KETH-AOUR, tous deux sur le banc.
Ta tendresse, ô femme surhumaine, est une apothéose. Ton cœur, comme un autre soleil, m'éblouit. La légende dit vrai : tu es une immortelle ! Ta parole semble un écho des cieux.
Inconcevable erreur! J'incarnais l'avidité d'un peuple
et j'épuisais ma vie pour des couronnes de métal !
L'homme sage, amant ou visionnaire,
porte son univers en lui.
Il ne s'informe pas du sentiment d'autrui,
au milieu des réalités, ne cherchant que son rêve.
KETH-AOUR Tous les rêves pâlissent devant cette réalité : Sémiramis la déesse, amoureuse !
Ton souffle vivifie mon être. Ainsi s'éveille la nature à l'appel de Tammuz.
KETH-AOUR
Enchantement ! Ta voix dominatrice et brève s'adoucit, caressante, pour me parler.
C'est ta propre douceur qui me pénètre ! Oh ! délicieusement. KETH-AOUR
Déesse humaine, Isis...
Tu es le magicien qui me rend la jeunesse.
KETH-AOUR
Elle tremble la main qui brandissait le glaive.
Après un long- ennui, le bonheur nous étonne.
KETH-AOUR Ces bras meurtriers et vainqueurs se courbent à mon cou, comme un collier de joie. Des larmes ternissent tes yeux brillants ?
SÉxMIRAMIS
Elles sont douces, si longtemps refoulées ! 0 rosée de l'amour sur mon cœur renaissant, coule et l'épanouis.
KETH-AOUR Il palpite, ce sein que gardait la cuirasse .
Il obéit à ma pensée secrète.
Tout mon corps t'appartient; fais-le joyeux et que la vie me paye sa dette de véritable joie... L'ivresse d'obéir, je vais donc la connaître.
KETH-AOUR
Rêve réalisé, foudroyante allégresse 1 Tu me parles d'amour, toi ?
Es-tu bien la même, la déesse ?
Si tes yeux ne sont pas de suffisants témoins, cr ois-en tes lèvres...
KETH-AOUR
Ta bouche, seuil sacré, je ne l'ai pas franchi!