‹ SemiramisChapitre 34 sur 50 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

NARAM-SIN, seul.

Ce crépuscule est l'agonie de la Patrie, fatidique moment où les annales se déchirent aux mains de la passion, aux dents de la démence. Les siècles stupéfaits ne s'expliqueront pas ce dérisoire dénouement au grand poème assyrien. La rage de Zakir-Iddin souffle un vent de révolte. Il crie aux vétérans que, victime d'un maléfice, Sémiramis veut s'enfuir au désert, abandonnant Ninive et la couronne.

Le nom de Keth-Aour se mêle aux bruits et aux menaces. On accuse les prêtres ; on accuse les Dieux ! Bientôt la pique des légions s'agitera fiévreuse. Sémiramis qui surpassait les rois est devenue l'ordinaire amoureuse ; elle subit le charme d'un vaincu.

Tandis que la cité s'emplit de confusion, et que les chefs en armes vocifèrent, s'agitent, seul avec mon dépit, je m'effare, impuissant devant la catastrophe.

SEMIRAMI S

La voilà donc réalisée cette obscure menace des cieux ! L'étoile de Sémiramis a blêmi, sitôt la cuirasse quittée ; et la subtilité du Kaldéen, impuissante comme mon zèle, le terrible présage librement s'accomplit.

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