‹ SemiramisChapitre 42 sur 50 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Le ciel m'a subitement avertie que d'importants secrets

de prospérité, de victoire me seraient révélés cette nuit.

A cet appel d'en haut, je vais me rendre.

Jusqu'aux portes vous m'accompagnerez,

et la première étoile, en paraissant, me dira le chemin.

A l'aube, vous viendrez m'attendre sur la route :

je vous révélerai ces avis salutaires d'où l'avenir dépend.

ZAKIR, s'avance au milieu de la scène.

Ta volonté est notre loi.

Nous sommes tous joyeux que les Dieux t'aient parlé ! Va donc à ce colloque prodigieux, mais pour confondre des bruits pervers confie le Prince Keth-Aour à notre garde.

Bizarre sédition : pour sortir de Ninive, je devrais un otage !

Toi, si brave au combat, Zakir, tu vaux moins au conseil.

Tes exploits excusent ton audace.

Ces chefs aussi vaillants que toi diront leur sentiment.)

Compagnons de ma gloire, vétérans, répondez !

Sur le soin de sa dignité, la reine vous consulte.

Refus des boucliers.

— Le mystère de ma naissance vous avertit, Assyriens. Nul ne sait d'où je viens ; je sais seule où je vais.

Je suis le météore qui éblouit et passe. Obéissez ou bien je disparais !

On me demande (on l'ose) un gage de ma foi. Je ne subirai pas cette contrainte ; j'emmènerai le Prince Keth-Aour.

Refus grandissant des boucliers.

— Vous opposez les boucliers à mon désir?

Je parlerai pour eux, pour l'armée, pour Assour. Notre docilité égale notre amour et l'exprime. Mais le prince d'Egypte a fait des sortilèges et la reine a perdu sa sublime raison.

Mon bras se tourne contre moi! Ma propre main me frappe. La pointe de ma lance menace ma poitrine, mon carquois se révolte et mon épée désobéit 1

ZAKIR

Nous sommes tes esclaves, mais nous ne voulons pas qu'un étranger te commande à toi-même.

KETH, à Sémiramis.

Je me sacrifierai, s'il le faut, à ta gloire.

SÉMIRAMIS, à Keth-Aour.

Je serais lâche au point de céder à ces hommes?

ZAKIR, provoquant.

Admirez tous la prudence égyptienne !

Cette race subit l'affront, sans le venger.

Horrible monde où toute chose se résoud par la brutalité!

KETH-AOUR Reine, je ne puis t'obéir plus longtemps.

Il descend.

SÉMIRAMIS Quiconque touchera un cheveu de l'otage sera écorché vif, enduit de miel, planté sur un épieu rougi. Il mourra sous le fourmillement des araignées et des mouches.

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