ACTE QUATRIÈME
ZAKIR, aux chefs.
Je n'avais pas menti ; vous voyez qu'elle l'aime.
SÉM1RAMIS
Misérable! Tu sondes le cœur de ta reine!
ZAKIR
Prince d'Égypte, contemple ta royale amante.
Ses yeux lancent l'éclair sur moi,
mais ton glaive demeure au fourreau.
Tu es aimé, tu aimes. Cependant, tu es lâche !
KETH-AOUR, dégaine et s'élance.
Que je meure ou qu'Ammon t'accable, je ne t'entendrai plus.
ZAKIR, brandissant son glaive.
Enfin ! Enfin ! Je vais donc m'assouvir, sorcier d'Egypte.
Dieux que les hommes dans la détresse implorent, sauvez mon Keth-Aour et je croirai en vous!
ZAKIR
Oh ! Oh ! tu sors du rêve, beau pharaon !
Ils combattent.
KETH-AOUR Pour te plong-er dans le rêve sans fin !
Ils combattent.
ZAKIR
C'est toi qui rouleras au gmiffre !
| KETH-AOUR, frappé, tombe sur l'escalier.
Ah, Dieux!
ZAKIR, farouche et triomphant.
Gloire à Ninive ! mort le sorcier, fini le sortilège.
SÉM1RAH1S
KETH-AOUR, à la reine penchée sur lui.
Keth-Aour! Blessé?
ZAKIR
Il expire!
SÉMIRAMIS, à Zakir.
Ah! Quels supplices j'inventerai !
ZAKIR
J'ai fait justice!
SÉMIRAMIS, àOurkam.
Mage, j'invoque ta science; sauve-le!
OURKAM, se penchant sur le prince.
La blessure est mortelle.
SÉMIRAMIS, agenouillée.
O fureur impuissante! inexprimable rage ! J'aurai vu frapper sous mes yeux le seul être adorable ! A peine je lui ouvris les bras et la mort me l'arrache!
KETH-AOUR, expirant dans les bras delà Reine.
O Divine colombe... J'entends tes paroles suaves... Je meurs aimé, heureux. J'ai fait ma volonté ! Vivre selon son vœu et mourir de son rêve ! ■Qu'ils sont tendres, ce soir, ces yeux dominateurs ! Ils ne reflètent plus que moi : ils me pleurent. La main qui commandait maintenant me caresse, •et l'orgueilleuse bouche se pose sur mon front ! Ils m'étreignent, ces bras de héros ; ils me bercent, pour l'éternel sommeil... Sémiramis... Bien- Aimée!