‹ Sémites et AryensChapitre 10 sur 61 · A. Maury, La terre et Vhomme y p · texte numérisé non relu

A. Maury, La terre et Vhomme y p

l'idole qu'elle renfermait furent quelquefois transportées dans des sanctuaires étrangers.

Ces peuplades avaient donc une même doctrine religieuse qui était la peur du Moloch sanguinaire. Les Ammonites le nommaient Malchau, notre roi; les Moabites Camos, le terrible; les Edomites Orotal, comme les Arabes; les Phéniciens Meilichos, le maître du feu. De ce dernier nom dérivait sans doute Meilichia biera, expression qui désignait les victimes entièrement brûlées, telles qu'on devait les sacrifier pour concilier le roi des flammes 1 . D'autres peuplades eurent des Baals, des Baalim; mais tous ces dieux se ressemblaient *. Les rites du culte sémitique étaient partout identiques, et les emblèmes phalliques généralement usités.

Dans le grand temple de Tyr, il y avait une

1. Ces holocaustes étaient censés devoir apaiser la colère du dieu; de là sans doute l'adjectif melichios qui avait en Grèce une signification d'apaisement.

2. Gésénius, Monographie de la religion des Chaldéens, p. 174, 176.

colonne d'or et une autre d'ëmeraude figurant le Phallus et le Gtéis. Astarté, l'une des dominations du principe passif de la dualité divine, fut d'abord représentée par un simple tronc d'arbre accompagné d'un bois tranversal, reproduction grossière du Lingam; et plus tard les médailles phéniciennes nous montrent la déesse avec un bâton finissant par une croix. Les adorateurs d'El symbolisaient leur dieu par une longue pierre dressée; et nous retrouverons cet emblème dans les deux colonnes qui furent placées devant la porte du temple de Jérusalem.

Le dieu sémitique fut souvent considéré comme souverain des mondes céleste, terrestre et souterrain. Dans le premier cas, le soleil et la planète Jupiter lui étaient consacrés; en Arabie, on lui sacrifiait chaque jeudi nfant non sevré *. Mais le plus souvent les >es et les premiers Hébreux * paraissent

Vahl, l'introduction de sa traduction du Koran. — lius, Commentaire d'Haïe, II, 337 el 3*4.

îiftfe, Amos, 5, 25.

avoir adoré leur dieu particulièrement sous le troisième aspect. Saturne, la planète la moins lumineuse, lui servait alors d'emblème; et de là les idoles noires si communes en Arabie, aussi que les sacrifices d'animaux de couleur sombre. Dans un temple de cette contrée, lfc prêtre revêtu de vêtements souillés de sang, immolait encore, à l'époque de Mahomet, une victime humaine, le dernier jour de la semaine, jour de Saturne. C'était le sabbat sémitique, que nous retrouvons dans toute la Syrie.

Selon Porphyre, la tribu dumatienne sacrifiait annuellement un enfant au Moloch souterrain, en l'enterrant vivant *; et cette monstruosité était encore générale dans toute l'Arabie au septième siècle de notre ère f .

« Les idoles de la ville de la Mecque les ont séduits, dit le Koran; ils ont tué leurs enfants, et ils ont leur religion pour excuser cette infa-

\. Porphyre, De abstin^ 2, 66.

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