‹ Sémites et AryensChapitre 11 sur 61 · Wahl, p · texte numérisé non relu

Wahl, p

mie '. » Douze habitants de Médine promettent sur serment au prophète de ne plus sacrifier leurs enfants.

Ali-Taleb rapporte un fait qui établit de la

manière la plus évidente quelle fut l'origine

de la doctrine molochiste. D'après lui, les

Arabes , avant Mahomet , brûlaient chaque

samedi un taureau noir, en prononçant cette

invocation : « toi, dieu tout-puissant, tu as

la particularité de faire le mal et non le bien ;

nous t'offrons donc ce qui te ressemble. Veuille

l'accueillir avec douceur, et ne nous fais point

de mal. >■ Cette prière rappelle la formule

employée par les Egyptiens dans les sacri-

ces : « Si quelque malheur menace ceux qui

ffrent cet holocauste ou l'Egypte entière, qu'il

etombe sur celte tète *. »

Les Sémites ne se contentaient pas de ces

ictimes offertes à leur dieu, pour l'amener à

pargner ses adorateurs. Répandre du sang

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étant, à leurs yeux, le seul moyen de rédemption, chaque enfant mâle dut verser quelques gouttes du sien. De là l'usage de la circoncision dont le mérite, d'après la Bible, pouvait sauvegarder toute une famille * ; il y eut là comme un marché conclu avec Moloch *. Chez beaucoup de peuplades, les filles, avant leur mariage, versaient aussi un peu de sang par la perte de leur virginité ; c'était l'équivalent

de la circoncision. Ce rite bizarre se perpétua principalement chez les Chaldéens'où la défloraison remplaça les immolations primitives.

Toutes les filles devaient subir ce sacrifice; elles en recevaient un salaire qui était déposé dans le temple, et c'était l'occasion de fêtes célèbres dans toute l'antiquité.

Il est impossible d'admettre qu'à une époque

1. Moïse ayant négligé de circoncire son fils, Dieu vint le trouver dans une hôtellerie et voulut le tuer; mais sa femme s'empressa d'exécuter l'opération, et Dieu partit satisfait.

2. La castration était un sacrifice encore plus méritoire; et Ton offrait au Moloch la virilité d'un enfant en échange de son immolation; lorsqu'elle était volontaire, cette barbarie passait pour un acte éminemment sacré.

cette prostitution ne fût pas usitée chez les Hébreux, qui pratiquaient la circoncision. La Bible parle des fêtes orgiaques qui avaient lieu en Palestine; et d'ailleurs le respect de la femme ne devait guère arrêter un peuple accusé par les prophètes des débauches les plus épouvantables : « Ils brisent contgs terre la tête des pauvres, dit Amos; ils écrasent la voix des faibles. Le fils et le père se sont approchés de la même fille '. » « Vous avez commis des abominations; chacun de vous a violé la femme de son prochain \ » « Ils ont violé parmi vous la femme de leur propre père. Ils n'ont pas épargné la femme en son impureté ordi- " Q ire '. » « Écoutez la parole du Seigneur, inces de Sodome; prêtez l'oreille à la loi de tre Dieu, peuple de Gomorrhe *. » Je fais !kce au lecteur du sixième chapitre d'Ezéiel.

. Amos, 2, 7.

. Eiéchiol, 33, 26.

. Ezéchiol, 22, 10.

. Isaïe, 1, 10.

De toutes les tribus sémitiques, les Hébreux sont la plus intéressante pour l'historien, et nulle ne doit être étudiée de plus près. Je commencerai donc par rechercher si celte peuplade avait une conception spéciale de la divinité, ou si son dieu n'était pas le Moloch de toute la race, sous un nom particulier.

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