Deutéronome
d'une ville chérem qui fut ainsi offerte eu holocauste et brûlée '. « Tout chérem, dit le Lévitique, est sacré, soit en bétail, soit en hommes, soit en fruits de la campagne; le chérem doit être tué \ » Selon Winer *, Michaelis * et Vatke B , une personne chérem était infailliblement vouée à la mort. Aussi Saûl n'ayant pas voulu exécuter en son entier l'ordre de massacre donné par Samuel, se voit abandonné de ce monstre qui poussa le zèle religieux jusqu'à couper lui-même en morceaux le prisonnier que le roi avait épargné. David était bien plus que Saùl un bourreau selon l'esprit du Seigneur : « Il prit la de Kabbah; et ayant fait sortir les habïî, il les coupa avec des scies, fit passer sur des chariots avec des roues de fer, les i en pièces avec des couteaux et les jeta
)e utero no me, 13, n,
.éviliqiic, 21, 28.
Viner, Dictionnaire de la Bible, 1, 156.
dichaelis, Droit de Moise, 3, J45 ; 5, 2*6.
/atkc, Histoire de la religion de l'Ancien Testament,
dans des fours où Ton cuit la brique. C'est ainsi qu'il traita toutes les villes des Ammonites f . »
La Bible contient la description de plusieurs autres exécutions épouvantables ordonnées par Jéhovah : « Le Seigneur, dit le psaume 110, tient ses assises parmi les nations remplies de cadavres; il écrase les têtes dans les contrées tout autour. » La même ivresse homicide emporte jusqu'au prophète Isaïe, qui veut que les Hébreux fassent périr la plupart des autres peuples dans un sublime holocauste; Jéhovah aurait créé les nations pour qu'elles fussent immolées comme autant de victimes humaines en expiation des péchés d'Israël. « Peuples, soyez attentifs, car l'indignation du Seigneur va fondre sur toutes les nations, sa fureur sur toutes leurs armées. Ils mourront de mort sanglante, et ceux qui auront été tués seront jetés là; une puanteur horrible s'élèvera de leurs corps, et les mon-
i. II Rois, 12, 3i.
tagnes dégoutteront de leur sang *. » Voilà le chérem dans sa suprême horreur ; et Ton retrouve ces massacres dans Jérémie. « Ce jour-là est à Dieu, Jéhovah Sabaoth, pour se venger de ses ennemis; le glaive les dévore, se rassasie de leur chair et s'enivre de leur sang; car c'est un festin pour Dieu, Jéhovah Sabaoth 2 . »
Il est naturel que le culte d'un dieu qui s'offrait des peuples entiers en holocauste ait été semblable à celui des autres Molochs par le rite le plus fondamental : les sacrifices humains. Les Hébreux immolaient sans doute des animaux en grand nombre ; mais l'homme était toujours considéré comme l'offrande la plus efficace; et le sacrifice de Madad et d'Abin, fils d'Aaron, consumés par les flammes de Tautel est concluant : « Un feu étant sorti du Seigneur les dévora 3 . » Ce Seigneur était l'idole embrasée de Jéhovah.