‹ Sémites et AryensChapitre 53 sur 61 · Tertullien, Apolog., C · texte numérisé non relu

Tertullien, Apolog., C

encouru pareil soupçon. Le fait le plus ancien signalé depuis notre ère, daterait de Tan 419, et se serait passé à Inmenstar, en Syrie. Pendant le moyen âge, les chrétiens d'Espagne et d'Allemagne racontèrent plusieurs crimes analogues; dans F Aragon, en 1250, un jeune chrétien aurait été crucifié; en 1475, les Juifs de Trente furent accusés d'avoir sacrifié un enfant; et aux bords du Rhin se voyaient les chapelles de ces petits martyrs, notamment celle de saint Wermer, mis à mort d'une façon particulièrement cruelle, dans la soirée du pessa'h.

Rien n'est absolument certain dans la plupart de ces faits; toutefois, il en est un dont on ne peut douter. Tustet, chef des Lazaristes, a fourni tous les détails de la mort du père Thomas qui fut assassiné à Damas, en 1841.

Le bonnet du père, ses os, des pains rougis de sang humain trouvés dans le ghetto de la ville, sont des pièces à conviction difficiles à récuser. Les témoignages de quelques Juifs

convertis soit à l'islam, soit au christianisme ; celui de Moïse Abu-Asie, premier rabbin de Damas, devenu mahométan, qui avait assisté à la mort du père Thomas; ceux d'Eisenmenger, de Brentz, ainsi que d'autres écrivains chrétiens d'origine hébraïque , tout prouve la réalité de ce crime rituel. Faute d'un enfant, les Juifs de Damas avaient sacrifié pour leur cérémonie une victime innocente, un prêtre.

Je me hâte toutefois d'ajouter que depuis des siècles, la plupart des Juifs ont renoncé à ces sacrifices; et la réforme d'Esdras, bien que toujours entachée de molochisme, fut un pas immense vers la civilisation que firent les Hébreux pendant la captivité.

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