‹ Sémites et AryensChapitre 52 sur 61 · Exode · texte numérisé non relu

Exode

de Jérusalem devint la plus colossale boucherie qui existât jamais.

Les prêtres d'Esdras ne modifièrent donc pas plus le jéhovisme primitif que Josias ne l'avait fait; aussi les prophètes continuèrentils leurs prédications. Ceux-ci avaient espéré que Ton instituerait le culte d'un dieu universel, d'un dieu moral, et non celui de l'être vindicatif, perfide et sanguinaire que la Bible conservait. Ils auraient voulu voir disparaître tout molochisme et supprimer les sacrifices. « Ceux qui immolent un bœuf, dit le Pseudo-Isaïe, sont comme celui qui tuerait un homme.... Ils ont pris plaisir et se sont accoutumés à toutes ces choses, et leur âme a fait ses délices de ces abominations *. »

Mais si les prophètes aspiraient vers un dogme plus épuré, un certain nombre d'Hébreux regrettaient toujours les anciens usages, et, comme au temps de Josias, s'élevaient secrètement contre les nouvelles prescrip-

i. Pseudo-Isaïe, 66, 31.

lions. Au moment d'une réforme religieuse, il reste dans la masse du peuple des fanatiques qui demeurent fidèles aux coutumes de leurs pères. Cette persistance se montra en Palestine comme ailleurs; et quelques sectes obscures, par tradition et instinct de race, continuèrent à pratiquer les rites d'autrefois.

Plusieurs auteurs ont soutenu que, du temps des Césars, les Syriens mangeaient encore quelquefois la chair d'enfants sacrifiés aux dieux *; et Tertullien rapporte que les Juifs et les chrétiens, souvent confondus, étaient accusés de célébrer la fête de pâque en immolant un enfant et en mangeant un pain fait avec le sang de la victime *. Ces actes de cannibalisme étaient rares sans doute, mais ne pouvaient résulter que d'une coutume qui avait été générale chez les ancêtres.

Depuis cette époque, les Juifs ont souvent

1. Philostrate, Biog. d'Apollonius, 7, 20; 8, 10. — Clem. Recogn., 2, 13; 3, 14.

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