LES ARYENS
cédente. Mais après une série indéfinie de ces existences successives, après l'expiation définitive, l'homme doit atteindre au repos, au Nirvahna. Il se replonge purifié dans l'infini divin dont il est sorti, où tout doit retourner. C'est cette nécessité de naître et de mourir, de passer par toutes les épreuves de la vie, qui est appelée la douleur.
Le bouddhiste n'a qu'un désir, arriver au terme de ces pérégrinations; et il ne comprendra jamais que l'homme puisse se croire destiné à une existence sans fin. A ses yeux, le divin seul est immuable ; et tout phénomène, tout aspect éphémère de cette cause toujours active est nécessairement transitoire. Au lieu d'admettre que les péchés commis pendant cette vie sont éternellement punis, il enseigne que toute faute doit être expiée, mais que tout châtiment est temporaire, et qu'après l'expiation, le coupable peut compter sur le Nirvahna.
La seule raison d'être d'une religion est d'assurer le bonheur de ses adhérents ; et peu
importe que l'homme soit leurré de chimères s'il trouve la paix dans son rêve. Il lui faut une foi qui ne détruise pas toutes les joies de vivre et console de les quitter. Au milieu des misères de ce monde, parmi tant de mécomptes et de tristesses, il demande un asile où il puisse espérer le repos ; et c'est dans le bouddhisme qu'il trouvera la satisfaction de ses besoins d'idéal et de sécurité.
Les générations futures cesseront de faire
de la divinité un être vindicatif qui ne s'apaise
que par le sang versé. Elles auront à choisir
entre le dieu sémitique dont la haine ne sera
jamais assouvie, et le dieu aryen qui ne parle
que de pardon. D'un côté, le Moloch avide de
"ces, punissant par une éternité de tor-
la faute d'un jour; de l'autre, un père
près des expiations temporaires, recevra
heur dans Io sein de son infinité, et lui
ît miséricorde.