EMPIRE COLONIAL BRITANNIQUE
Nous verrions, hélas! ainsi que cela nous est arrivé si souvent, ces tentatives échouer devant les clameurs stipendiées d^une presse vendue à Talliance de Berlin et de Vienne. En traversant la Leitha, nous trouverions des provinces entières qui contrairement au droit moderne ne sont, pour ainsi dire, pas représentées au Parlement de Pesth, un parti grossissant prêt à dénoncer le contrat de 1867, demandant à le remplacer par une simple union personnelle entre TAutriche et le royaume de Saint-Etienne et ne voyant dans le dualisme actuel qu'une espèce de monstre comme ces phénomènes qui naissent à deux corps après les grossesses troublées.
Et il a peut-être raison ce parti ! En un empire dont les provinces ne peuvent se résigner à certains sacrifices nécessaires à Fintérêt commun et doivent pour vivre se dévorer entre elles, le mieux serait peut-être de revenir au vieux principe qui a lié l'Autriche à la Hongrie pendant des siècles tel qu'il existe entre la Hollande et le Luxembourg, la Russie et la Finlande, et dont la Suède et la Norwège accentuent de plus en plus les caractères. Il laisse chacun libre chez soi, permet d'assurer par un même respect une entente durable dont une dissolvante procédure ne viendra point ronger l'attache. Assurément l' Autriche-Hongrie pourrait goûter aujourd'hui une paix intérieure sans nuages, due à un sénat fédéral basé sur l'idée de Philadelphie. Notre conviction est que si elle avait mieux employé cette dernière moitié du siècle elle y aurait réussi. Mais, il aurait fallu persuader à des nations entières que mieux vaut n'être qu'une partie d'un peuple prospère qu'un peuple autonome et malheureux. Si dans un chauvinisme généreux elles ont perdu en ne point voulant entendre ces raisons, l'humanité doit se réjouir, elle au moins, y a gagné en élévation des caractères.