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L'UNIVERS
« position de plusieurs substances végé- « taies, et à la quantité d'ordures que jet- « tent dans le port les habitants des deux « villes. Néanmoins on les voit, nus, se « jouer dans la fange dès que la marée « se retire. — Les gens de Brass ne cul* - tivent ni ignames, ni bananes, ni <• grains d'aucune espèce. Ils se conten- « tent du fruit du plantanier, qui , avec < un peu de poisson , forme toute leur « nourriture. Cependant on importe « librement d'Éboë et d'autres pays « quantité d'ignames qui se revendent, « avec profit , aux vaisseaux à l'ancre « dans la rivière. Les trafiquants de « Brass font surtout des profits consi-
• durables sur les marchandises d'Eu- « rope, qu'ils vendent aux naturels de
• l'intérieur, et sur l'huile de palmier «« qu'ils fabriquent eux-mêmes et qu'on « vient chercher de Liverpool. — Le sol « des environs est pauvre et marécageux, « quoique couvert d'une végétation
• forte, vivaceet impénétrable. Une race « active et industrieuse trouverait de « grands obstacles à la culture générale « du pays ; et jamais les possesseurs ac- « tuels ne pourraient en extirper le man- « glier; il est donc probable que les « choses resteront comme elles sont jus- « qu'à la fin des temps. » L'habitation où les frères Lander étaient installés appartenait au roi Boy. Elle avait été récemment bâtie, tout au bord du bassin, par un charpentier natif de Calabar, qui avait exprès remonté la rivière, et reçu sept esclaves pour salaire. Sans doute cet homme avait vu des maisons de construction européenne. Elle était de forme oblongue et contenait quatre pièces, toutes au rez-de-chaussée, boisées, et garnies de portes et d'armoires passablement faites. A certaines marques on reconnaissait que le bois venait de débris de vaisseau. Elle servait au roi Boy de sérail et de magasin pour les denrées d'Europe, le tabac et les liqueurs fortes. Les solives étaient de bambou et le toit de feuilles de palmier. L'appartement qu'ils occupaient avait une fenêtre donnant sur le bassin. Tout l'ameublement se composait d'une vieille table de chêne. Les sièges en terre s'élevaient de trois pieds au-dessus du sol. Ils étaient, ainsi que le plancher, fait de boue, tellement mous et humides , qu'on pouvait
y enfoncer la main sans peine, n'importe en quel endroit. Dans un coin était pratiquée une porte communiquant aux autres pièces, mais sans serrure et toujours entre-bâillée, excepté de nuit. Un des côtésde la chambre était décoré d'une vieille gravure française représentant la Vierge Marie entourée d'une foule d'anges et de chérubins en adoration, avec une prière, au bas, à Notre-Dame de Bonne-Délivrance. A la marée haute l'eau montait jusqu'aux portes et fenêtres de la maison, ce qui explique sa perpétuelle humidité ; elle n'en était pas moins du goût de son propriétaire, qui la qualifiait de maison anglaise. Les autres sont en général bâties d'une sorte de torchis jaunâtre , et les fenêtres ont des contrevents. Il y a en face de la ville plusieurs cases où les habitants font du sel après la saison pluvieuse. L'eau était alors saumâtre , par suite des pluies; mais Boy assurait que deux mois plus tard elle serait presque tout sel, et qu'on commencerait alors a le recueillir. C'est un excellent article de commerce qui s'importe en grande quantité au marché d'Énoë , où on l'échange contredes ignames, lescauris n'ayant pas cours sur la rivière au-dessous de JBocquâ.
Le 17 novembre, Richard Lander quitta la ville de Brass dans le canot du roi Boy. 11 était encore à soixante-neuf milles de l'embouchure. On se dirigea principalement à l'ouest jusque vers trois heures de l'après-midi. On entra alors dans un bras large de cent toises environ, et à sept heures du soir dans la seconde rivière Brass , qui est un grand bras de la Quorra. On continua à se diriger presque droit au sud, et au bout d'une demi-heure il entendit avec une joie indicible le bruit du ressac. Le canot fut amarré pour la nuit à un arbre, sur la rive occidentale. Tout est couvert d'eau et de mangliers. A cinq heures du matin, ils se dirigèrent à l'ouest en remontant une crique ; et à sept heures ils arrivèrent dans la branche principale de la Quorra, qu'on appelle rivière Nun ou première rivière Brass. En y entrant, ils avaient en face d'eux un large bras que le roi Boy leur dit couler vers Bénin. La direction de la rivière Nun était presque du nord au sud. Un quart d'heure après y être entré, il découvrit, à peu de distance, deux vaisseaux à l'ancre. Son frère
le rejoignit plus tard à bord du brick anglais. Leur beau voyage était achevé, leur but avait été glorieusement atteint (1).
Côte de Calebar, ou côte comprise entre te cap F ormose et Caméroons (2). — Le cap Formose sépare la rivière Noun ou Quorrade la rivière Saint-Jean. A partir de ce cap commence le golfe de Biafra, et la côte prend une direction générale vers Test-inord-est du monde jusqu'au Rio del Rey, qui forme le premier creux au nord de ce golfe. De nombreuses rivières découpent cette fraction de côte; la première qui succède au cap Formose est la rivière Saint-Jean, dont les deux rives élevées et bien tranchées se terminent chacune vers la mer par deux caps d'une grande hauteur. La rivière Saint-Nicolas succède à la rivière Saint- Jean. Dans l'intervalle , un terrain peu élevé, mais très-boisé, se courbe en arc bien prononcé, la convexité tournée du côté Je la mer. La rive gauche de la rivière Saint-Nicolas se termine par une grosse pointe arrondie. La pointe de droite est la plus haute et forme un plan incliné vers la mer. La côte continue à se montrer basse, couverte d'arbres et de mangliers; le rivage est bordé par une grève de sable. — Les deux rives de la rivière Santa- Barbara, qui se présente ensuite, sont boisées de même : celle de droite se termine par un terrain à pic; celle de gauche par une pente insensible, interrompue ou coupée dans une petite partie de son plan par une espèce d'échelon. — La côte qui court à Test, entre la rivièreSaiut-Nicolas et Santa-Barbara, changebrusquementdedirection,etcourt au sud-est , entre cette dernière et la ri-
(i) Ce chapitre n'est que l'abrégé du Journal <T une expédition entreprise dans le but d'explorer le cours et l'embouchure du Niger, ou Relation d'un 'voyage sur cette rivière depuis Yaourie jusqu'à son embouchure, par Richard et John Lander, trad. de l'anglais par madame Louise Sw. Relloc; 3 vol. in-8°; Paris, 1 83a. — Comparez Narrative of an Expédition into the interior of Africa by the river Niger, in the steam vesse/s Quorra and Alhurkah in i83a, 33, and 34, by Mac Oregor Laird and R. A. K. Oldfield, surviving officersof the expédition; a vol; London, i835.
(a) Detcr. naut. des côtes de l'Afr. occ. comprises entre le Sénégal et t Êquateur, par M. le comte E. Rouët Willaumez, ch. VIII.