RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
soutenir la clarté de l'histoire, s'échappe dans le vague et l'indéterminé des conjectures.
L'examen des temps apostoliques, l'histoire exacte des premières Eglises chrétiennes et de la prédication de saint Paul à Rome, nous a prouvé l'invraisemblance extrême d'une rencontre entre deux hommes que tout séparait : comment admettre, à un titre quelconque, la possibilité d'une liaison entre Sénèque, si haut placé dans la gloire littéraire ou politique de ce monde, et un apôtre obscur, inconnu, mêlé à des Juifs méprisés, confondu avec les étrangers, les affranchis et les esclaves qu'il évangélise dans une synagogue ou dans un logement garni?
L'hypothèse qu'une vue attentive de l'état vrai des choses repoussait comme impossible, la comparaison des doctrines nous l'a fait rejeter comme fausse et inutile. A quoi bon imaginer, contre toute vraisemblance, cette imitation clandestine de livres chrétiens qui, pour la plupart, n'existaient pas encore, ces lectures rapides, fugitives, tentées par Sénèque à la dérobée et comme en bonne fortune, ces lambeaux de christianisme ajoutés par lui après coup à des écrits déjà publiés? Que veut prouver cette fantasmagorie de rendez-vous, de confidences, d'initiations secrètes, ce rêve malsain d'une subtilité exaltée? Sénèque n'est pas chrétien ; il est stoïcien et panthéiste; mais c'est un stoïcien éclectique; son noble esprit s'ouvre largement aux influences généreuses qui, depuis six siècles, émanent de la philosophie ; son éloquence embrasse avec ardeur ces opinions libérales accréditées dans Rome par la civilisation grecque.
Si l'on insiste, et si l'on veut à tout prix faire de Se-