‹ Sens des accélérations angulaires chez les sourds-muetsChapitre 22 sur 66 · TUE · texte numérisé non relu

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tion -initiale et le courant s'établit dans lélectroaimant commandant la plume par l'intermédiaire du conjoncteur-disjoncteur, qui est resté armé. La plume est déplacée légèrement dans le sens de la hauteur et le trait inscrit est décalé de la même quantité. Dès que le sujet examiné perçoit le mouvement, il appuie sur un bouton fixé au bras du fauteuil et rompt le courant.

La plume retombe, le disjoncteur se désarme.

La distance des extrémités du plateau tracé par la plume donne immédiatement la durée du temps de réaction. Chaque petite division de la feuille correspondait à deux centièmes de seconde.

En nous servant de cet appareil avec les sourdsmuets, nous mous sommes aperçu que plusieurs des sujets examinés ne percevaient aucun mouvement autour de l’axe vertical, pour les accélérations employées chez des sujets normaux. Nous avons donc été amenés à modifier légèrement le mode de suspension, afin d’avoir un couple de torsion plus intense. \ at

I1 suffisait pour cela d'augmenter la distance à l’axe des fils de suspension verticaux. Nous avons oblenu de celte façon une accélération vingt fois plus grande pour le même angle d'écart, et avons pu ainsi obtenir le seuil de l'excitation pour tous les sujets examinés. En utilisant en outre la tige à écart angulaire variable fixée à la base du siège, il a été facile de faire varier les accélérations angulaires dans le rapport de 1 à 100.

Avec les accélérations employées chez les sujets normaux, les temps de réaction autour de l’axe vertical sont de l’ordre de 15 à 25 centièmes de seconde pour les sujets à réaction normale. G

bar oo

Autour de l'axe horizontal, les temps de réaction sont notablement plus courts.

Un sujet non entraîné mais bon présente une moyenne de 12 à 14 centièmes. Chez les sujets entraînés, ce temps peut descendre à 8 centièmes. Chez les sourds-muets, pour les mêmes accélérations angulaires, les temps de réaction sont le plus souvent considérablement augmentés, comme le montrent les observations que nous allons rapporter.

L'application de cette méthode exige de la part de lobservateur une grande habitude et beaucoup de patience. Avec les sourds-muets, la difficulté est plus grande encore. Il faut leur faire faire un grand nombre d'exercices préliminaires, les yeux ouverts d'’abord, puis les yeux fermés, guider le doigt au début et ce n'est qu'après un apprentissage assez long qu'on peut aborder les mesures. Nous nous sommes bien trouvés de l'éducation mutuelle chez les sourdsmuets, qui sont, d'habitude, très observateurs.

Une des plus grosses difficultés est d'obtenir du sujet l'appui correct du doigt sur le bouton de rupture. L’index doit, tant que le mouvement n’est pas commencé, rester au contact du bouton, sans exercer de pression. Or, le plus souvent, le sujet examiné se contracte et supprime le contact avant le début de l'expérience.

L'’observateur doit prendre garde également aux réponses prématurées. Chez les entendants, il est bon d’avertir le sujet que l'expérience va commencer par un signal convenu de la voix.

Chez les sourds-muets, nous nous sommes contentés comme signal du choc léger, qui se produit quand on amène la vis de butée au contact de la

clef de morse,

Or, il est très important de faire varier le temps qui s'écoule entre ce choc et le début de l'excitation, sous peine d’avoir des réponses rythmées suivant le rythme même pris par lobservaleur et ne correspondant pas du tout au phénomène cherché.

Cette remarque est particulièrement importante pour les sourds-muets qui ont une perception imparfaite de l'accélération angulaire. C’est près du seuil de l'excitation qu'il faut faire la plus grande attention pour éviter cette erreur grossière.

Il faut aussi prendre garde à ne pas imprimer de vibrations à l'appareil, qui avertissent le sujet du mouvement auquel il est soumis, bien qu'il ne perçcoive pas l'accélération angulaire.

Quand l'observateur abandonnera le fauteuil, il devra donc avoir soin de le lâcher très doucement, d'éviter l’adhérence de la main à la tête de la vis, en interposant un linge. ;

Malgré toutes ces précautions, chez les sourdsmuets dont le sens de l'accélération est amoindri, les temps de réaction obtenus varient dans d'assez larges limites, surtout près du seuil de lexcitation.

IL est aisé de calculer l'accélération angulaire en fonction des dimensions de l'appareil.

Le mouvement pendulaire imprimé à l'appareil est un mouvement pendulaire amorti, mais l’amor- Ussement est suffisamment faible pour qu’on puisse, aves une approximation très légitime, représenter : l'angle d'écart exprimé en radians par la formule :

"2 % —= Am cosèrs

a étant l'angle à un instant {, T la période, &, langle Correspondant à l’élongation maxima au dé-

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part. L’accélération angulaire à un instant { est donc La U \ donnée par la formule :

d 4 r° 2 é © — — om CO = de parent Au temps { —0, au moment où l'opérateur abandonne le siège, l’accélération angulaire a donc pour

valeur absolue us me T°

La période T est déterminée expérimentalement, en comptant dix oscillations doubles au moyen d’un compteur à seconde.

Elle s’est montrée d’ailleurs très sensiblement indépendante du poids du sujet, ce qui nous a dispensé de refaire la mesure pour chaque malade examiné.

L’angle «,,1au départ, est facile à déterminer dans la rotation autour de l’axe vertical.

Dans la position d'équilibre, la tige placée sous le siège fait avec le plan vertical médian un angle qu’il est facile de mesurer par sa tangente, connaissant la distance OS de l’axe de rotation au rebord de la planche sur laquelle est fixé le siège.

Une échelle graduée en centimètres permet de lire la distance ST.

19 4m — ST OS

C’est précisément de cet angle «, qu'il faudra faire tourner le siège pour que la tige vienne buter contre la clef de morse M, fixée au bâti de l’appareil.

La période avec la suspension employée pour les sujets normaux était de 6”3. Avec la suspension em-

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