‹ Sensation et eńergieChapitre 3 sur 35 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« La sensibilité, écrivait Claude Bernard, considérée comme une propriété du système nerveux, n’est qu’un degré élevé d’une propriété plus simple, qui existe partout, en toute substance vivante, tant animale que végétale. Elle n’a rien d’essentiel ou de spécifiquement distinct ; c’est l’irritabilité spéciale au nerf, comme la propriété de contraction est l’irritabilité spéciale au muscle, comme la propriété de sécrétion est l’irritabilité spéciale à l’élément glandulaire. Ces phénomènes sont autant de degrés différents d’un même phénomène élémentaire (*). » Comme la nutrition et le développement embryologique sont conditionnés par d’autres irritabilités spéciales, et que toutes les irritabilités sont à chaque instant fonction les unes des autres, on peut envisager l’ensemble des phénomènes de la vie au point de vue de l’irritabilité et chercher à définir cette propriété par la fonction mathématique qui relie les réactions à l’excitant, à la durée de l’excitation et à la dépense énergétique.

Dans ce mémoire, nous ne nous occuperons que de deux formes de l’irritabilité, intimement liées l’une à l’autre : la sensibilité et la motricité, ou de deux sortes de réactions : la sensation et l’énergie musculaire.

Dans une première partie, nous préciserons mathématiquement les données expérimentales que l’on possède actuelle-

(') Leçons sur les phénomènes de la nie communs aux animaux et aux végétaux, pp. 289-290.

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