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PUPILLOMÈTRE DE M. CHARLES HENRY

servant particulièrement à démontrer et a doser 1 action propre de la lumière sur l'iris.

CO PeJit trou, d, lonfjuntr de l'instrumU partir du trou, X rayon defècran.

C' Position de /'/ma je de ta pupille fournie par l'humeur aqueuse ,

D Face antérieure du cristallin..

R Ttètine ■

C 'Pupille vraie .

Ci I marre de la pupille donnée par l'humeur aqueuse.. i'C’Imape de ta pupille donnée par le cristallin,.

Fig. 85. — Le pupillomètre.

action directe de la lumière sur les éléments musculaires de l’iris, les éléments nerveux ayant perdu déjà, pensait-il, lors de l’expérience, toute irritabilité. Il y avait lieu de se demander si l’iris de l’homme vivant est sensible à une action directe de la lumière. On ne pouvait songer à aborder le problème directement, à cause de

la mobilité de l’œil et de l’extrême variabilité de la pupille. Voici l’artifice par lequel j’ai pu séparer la lumière qui tombe sur l’iris de la lumière qui tombe sur la rétine.

Soit (fig. 85) w, un très petit trou éclairé par un fond lumineux et placé au foyer antérieur de l’œil schématique, c'est-à-dire à 12»>i",8 en avant de la cornée (les constantes de l’œil schématique conduisent, comme on sait, à des résultats très concordants avec les mensurations de l’œil réel) ; soient C la cornée, ï ï l’image de la pupille ii donnée par l’humeur aqueuse, c’est-à dire égale aux 8/7 de la pupille et située à O""11, 578 de celle-ci, c’est-à-dire que C D = 0mm,6 ; comme la distance de la cornée à la face antérieure -du cristallin est de 4»"», on a :

wC' = 12mm,8 + 4"11*1 — 0mm,6 = 16'»m,2

L’image de la pupille qui se forme sur la rétine est l’image i'i' donnée par l’humeur aqueuse. D’après la figure, on a sensiblement Ci' x

^ , en appelant d la distance du cercle lumineux au petit

trou, x le rayon de ce cercle. On peut donc agrandir, dans un rapport quelconque, Ci' en éloignant le fond : si d = IOojC' = 16cn»,2, on a x — 10 Ci', c’est-à-dire que chaque millimètre de diamètre de la pupille est mesuré par lcm de diamètre du fond lumineux.

C’est le rapport qui a été réalisé dans mon nouveau pupillomètre. Cet appareil consiste en un tube formé de trois tubes, de diamètre de plus en plus grand à partir du tube oculaire; le premier, muni d’un obturateur percé du petit trou et d’une coquille qui permet de fixer l’œil à la distance voulue, le dernier bouché par un verre dépoli de 10cm de diamètre sur lequel ressortent en blanc, avec des nombres, des cercles concentriques. Toutes les portions périphériques du verre dépoli qui ne sont pas aperçues par la rétine éclairent l’iris. Je puis donc reconnaître ce que produira sur la pupille la suppression de l’éclairement d’une portion de l’iris en plaçant sur le verre dépoli des anneaux opaques (en cuivre noirci) dont les vides sont égaux précisément aux surfaces apparentes de la pupille et en enlevant brusquement ces écrans. Rien n’est changé pour la rétine ; tout est changé pour l’iris.

L’expérience faite dans ces conditions prouve qu’il y a presque toujours dilatation de la pupille, quand l’iris est soustrait à la lumière ; dans deux cas, j’ai noté une contraction. La dilatation

NOTES

varie de 1/8 à 1/73 de millimètre carré pour lmmci d’iris soustrait à la lumière. Elle a été constatée, en général, plus grande pour es iris foncés que pour les iris clairs. [Quand c’est 1">- (central) de rétine qui est soustrait à la lumière, la dilatation peut varier e

à 16mimi.]

Si l’on observe avec le pupillomètre de Robert Houdin la pupi e d’un des yeux, quand l'iris de l’autre est soustrait à la lumière, on constate sur cette pupille une dilatation de 1/2 à 1/4 de millimétré de diamètre ; ce qui prouve que l’action de la lumière sur l’iris est, au moins en partie, due à un réllexe d’origine centrale.

J’ai étudié l’influence sur la pupille de la vision de disques colorés ; tantôt les couleurs dilatent la pupille d’autant moins qu’elles sont plus lumineuses ; tantôt, c’est le contraire qui se produit. J’ai constaté les mêmes renversements en étudiant 1 action isolée sur l’iris d’anneaux découpés dans les mêmes verres que les disques colorés.

Entre autres conséquences de cette action directe de la lumière sur l’iris, j’en citerai deux :

lo La photophobie très intense que l’on constate dans 1 iritis, sans qu’il y ait la moindre altération de la rétine, s explique facilement maintenant ;

2° Notre photométrie doit être affectée d’une erreur systématique, d’ailleurs légère; quand notre œil se dirige vers la plus lumineuse de deux sources un peu différentes, notre iris se contiacte, il tend à égaliser pour notre rétine ces deux sources ; c est peutêtre dans ces mouvements de l’iris qu’il faut chercher 1 explication du déplacement qu’il faut toujours faire subir à deux sources, vérifiées égales par les meilleurs procédés de la photométrie, pour obtenir la parfaite verticalité d’une tige de vicia saliva placée au milieu de la distance qui les sépare (’).

(') Comptes rendus, 17 juin 1895.

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