HY STERIE ET FATIGUE
intellectuel prolongé, la force dynamométrique diminue (1) et offre cette particularité qu'elle tend às'égaliser
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Fis. 7. — Modifications de la forme de la contraction chez un sujet normal sous l'influence de la fatigue. (1, première minute; 2, deuxième minute ; 3, troisième minute). (Le trace se lit de droite à gauche.)
de deux côtés, c'est-à-dire que la force diminue moins à gauche qu'à droite. Supposons par exemple à l'état normal 55 à droite et 45 à gauche, on trouvera sous l'influence de la fatigue 40 des deux côtés. Sous l'influence des mouvements passifs de flexion de la main, la force dynamométrique peut remonter à 60 à droite et 50 à gauche : le rappel du mouvement a porté l'énergie de contraction à peu près au même degré que si l'excitation avait été faite à l'état normal ; mais son effet relatif a été beaucoup plus considérable. Les hystériques sont dans un état permanent de fatigue psychique qui se traduit par un affaiblissement de la sensibilité, du mouvement, de la volonté; mais des excitations diverses peuvent réveiller momentanément leur énergie. La même observation peut s'appliquer aux neurasthéniques; on peut dire que tous ces sujets ont un certain degré de paralysie psychique.
(1) Il faut remarquer que, sous l'influence de la fatigue physique, la sensibilité générale et spéciale diminue, le temps de réaction augmente, et les phénomènes psychiques, mémoire, imagination, etc. sont atténués dans la même mesure. La fatigue musculaire s'accompagns de phénomènes inverses de ceux qui résultent de l'exercice modéré. Il en est de même pour la fatigue psychique.
J'ai constaté plusieurs fois que, sous l'influence de la fatigue localisée d'un membre, de la main droite, par exemple, par la répétition du même effort de pression du dynamomètre, lautre main n'a pas perdu son énergie; tout au contraire, elle marque un accroissement notable (l/5e). Cette observation pourrait servir à établir un lien entre les paralysies par épuisement et certaines paralysies par suggestion dans lesquelles, comme nous l'avons signalé, la force dynamométrique peut être exagérée du côté opposé. A l'appui de cette déduction, on peut citer ce fait que, de même que l'affaiblissement de la contraction provoquée par la fatigue générale peut être dissipé par les mouvements passifs, certaines paralysies par suggestion peuvent être guéries par ces mêmes mouvements. Cette remarque est peut-être susceptible de trouver son application dans la thérapeutique des paralysies hystériques, dans la pathogénie desquelles les altérations des fonctions psychiques jouent un si grand rôle.
Ce que nous avons dit précédemment aide à comprendre comment l'influence excito-motrice des mouvements passifs est due précisément à ce qu'ils provoquent un rappel de l'image motrice (1).
Cette influence des mouvements passifs trouve son application dans le traitement de certaines impotences fonctionnelles. Lorsque dans ces cas on a excité isolément les muscles, soit par le massage, soit par l'électrisation localisée, la fonction de chaque muscle peut se trouver rétablie par un mécanisme analogue ;i
(1) Un des meilleur* procédés que je recommande pour rappeler les mages motrices dans les parai] aies payehiquea unilatéraleaj consiste à faire exécuter, tout en Bxant l'attention sur le côté malade, le mouvement du membre perdu avec le membre reste sain ; on -sait que chez lea hémiplégiquea aléaion matérielle cette manœuvre provoque souvent dea mouvementé associéi du côté paralysé; danali psychiques, ce phénomène peut s'exagérer jusqu'à la guérison de la paralysie.
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celui que nous venons d'indiquer, c'est-à-dire par le réveil de son centre psycho-moteur; mais la fonction du membre peut néanmoins n'être pas rétablie en raison de l'absence de synergie, de coordination des mouvements musculaires, qui est quelquefois restaurée très proraptement par la pratique des mouvements provoqués qui complètent la rééducation (1).
L'action centrale des excitations périphériques peut être mise en lumière par d'autres faits expérimentaux chez les hypnotisables, sur lesquels ces excitations manifestent leur influence d'une manière plus nette. Si sur un de ces sujets, à l'état de veille, on excite mécaniquement un muscle par le massage, on provoque rapidement la tétanisation de ce muscle ; la répétition d'un mouvement passif mettant en jeu le même muscle produit le même effet; il en est encore de même lorsque ce muscle est contracté volontairement un certain nombre de fois ou avec une grande énergie (2). L'identité du résultat montre l'identité de processus. Lorsqu'on excite un muscle par un procédé quelconque, on met en activité son centre cérébral qui réagit par une excitation motrice. Si l'excitation est exagérée, la tétanisation s'étend aux muscles synergiques et même à tous les muscles du membre; et lorsqu'on fait porter une nouvelle excitation sur un muscle antagoniste du premier muscle excité, il se produit souvent une convulsion épileptiforme qui peut entraîner la perte de connaissance, et se généraliser à tout le corps. Les convulsions épileptiformes, que l'on produit ainsi par une série d'excitations musculaires, on les détermine
(1) M. G. Jorissenne, Ouérison d<l paralysies par la dynamogénie cérébrale (Ann. de la Société médico-cliiruryù-ale de Liège, l8«i;,p.3ol) a cité quelques faits qui viennent à l'appui de nies recherches sur ces différents points.
(2) Il arrive quelquefois que lorsqu'une hystérique fait un effort violent pour jeter une pierre; par exemple, son bïaa reste étendu en contracture.
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quelquefois par une seule excitation périphérique très intense ou par un choc psychique, comme une hallucination terrifiante subite.
Nous avons eu surtout en vue tout d'abord de mettre en lumière l'influence de l'excitation psychique, d'où qu'elle vienne, sur l'énergie des mouvements volontaires et en particulier de l'effort momentané. L'effort soutenu, la résistance à la fatigue mériteraient d'être considérés à part; mais nous verrons aussi que leur dépendance des états psychiques peut être mise hors de doute.
Remarquons enfin que, si l'activité psychique a une influence sur l'énergie des mouvements volontaires, les mouvements volontaires peuvent aussi avoir un influence sur l'activité psychique : un certain nombre d'individus se mettent instinctivement en marche lorsqu'ils veulent concentrer les efforts de leur intelligence, et chez quelques-uns l'effet du mouvement est assez marqué pour qu'ils puissent en rendre compte; l'exaltation des manifestations de la mémoire a surtout été facilement constatée. M. Rollera remarqué que l'activité musculaire augmente souvent l'excitabilité psychique, et il a préconisé l'alitement dans le traitement de l'agitation des aliénés (All<j. Zeitschrifft. f. P*;/cli. xur, 1). — D'autre part les expériences de M. Laborde sur les décapités ont montré que, lorsque le condamné s'est livré à de grands efforts de résistance et s'est épuisé dans de grands mouvements, l'excitabilité du cerveau peut être nulle.
« Les mouvements rapides, dit Bain, produisent une espèce d'ivresse mécanique. Un organe, quelque petit qu'il soit, lorsqu'il se meut rapidement, tend à mettre à son pas tons hs autres organes du mouvement. Dans
une marche rapide, el plus encore dans une course*
l'esprit esi excité, les geste et la parole s'accélèrent, le
visage trahit une tension insolite. »
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L'ensemble de ces observations nous indique que., chaque fois qu'un centre cérébral entre en action, il détermine une excitation de tout l'organisme, par un processus encore indéterminé ; quand on dit que le cerveau pense, c'est tout l'être qui entre en activité. Cette remarque a son importance au point de vue de l'hygiène et de la pédagogie, en mettanten relief l'utilité de l'exercice du plus grand nombre de fonctions possible dans l'intérêt du développement harmonique de l'ensemble et de telle fonction particulière (1).
(l)Nous avons vu que l'énergie d'un mouvement est en rapport avec l'énergie de la représentation mentale de ce mouvement. Si cette représentation est trop intense, il peut en résulter un véritable épuisement : c'est ce que montre une observation que j'ai publiée récemment (A contribution to the pathology of dreams and of hystericnl paralysis ; Brain, January, 1887. — Bull. soc. Biol., 20 nov. 1886) d'une jeune iille qui à la suite d'un rêve de course prolongée fut atteinte de paralysie des deux jambes.