EXCITATIONS PÉRIPHÉRIQUES
aurons à revenir sur les effets circulatoires des excitations périphériques et de leurs représentations mentales. D'autre part, Cl. Bernard, M. Schiff, M. Vulpian ont vu que la pupille se contracte sous l'influence des sensations, et les émotions agissent dans le même sens. La pupille se dilate sous l'influence de la douleur et sous l'influence des émotions dépressives, comme la terreur (Gratiolet, Fontana); elle se dilate encore sous l'influence de la fatigue ; elle se contracte, au contraire, sous l'influence des sensations et des émotions excitantes, il en est ainsi dans la colère par exemple (Jorisenne). Enfin dansleursexpériencessur la physiologie de la vessie, MM. Mosso et Pellacani (1) ont vu que l'excitation d'un nerf périphérique quelconque détermine des mouvements de cet organe.
Dans des recherches nouvelles sur la physiologie du sphincter anal, nous avons pu constater que l'énergie des conctractions volontaires de ce muscle augmente
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(1) Mosso etPellacani, Arcft. ilal. de biolor/ic, l88i, l. I, iasc. 1.
aussi sous l'influence d'excitations sensorielles diverses (fig. 18, 19 et 20) (1).
Les expériences que j'ai rapportées sur les muscles de l'i vie de relation ont pour résultat spécial de montrer que les excitations périphériques déterminent une augmentation de l'énergie disponible, de la Jorce utilisable.
Nous sommes donc autorisés à dire que chaque impression met en mouvement tout l'organisme, mais peutêtre avec une localisation prépondérante pour chaque excitation. Spencer et Bain admettent que ce sont les muscles de petit volume qui réagissent les premiers aux excitations sensorielles; ce serait pour cela que les muscles de la face servent à l'expression. Mais ces muscles, comme on le voit, ne font que participer à un mouvement général, qui, lorsqu'il ne se traduit pas par un changement de forme extérieure, peut se manifester par des effets viscéraux, des sécrétions qui constituent une autre forme de transformation delà force.
Dés mes premières expériences, j'ai pu reconnaître, ce qui d'ailleurs n'avait guère besoin d'être démontre expérimentalement, que tous les sujets ne réagissent pas de la même manière à la même excitation, et qu'un bon nombre ne réagissent pas identiquement à une même excitation dans toutes les circonstances : là constitution, Page, le sexe, l'état de santé, les différents actes de la vie végétative, etc., sont sucepti blés défaire varier la vibratilité du sujet en dehors des circonstances extérieures. C'est la difficulté d'apprécier tous ces éléments qui m'a fait dire qu'il fallait pour le moment résistera la tentation de faire une lui psycho-mécanique à formule mathématique.
De ce qu'un grand oombre d'individus, la plupart
(t) Contribution à l» /</n/s. du sphincter d* lanus {Bull. soc. biol., 1886, i>. 437).
EXCITATIONS PERIPHERIQUES
même, sont incapables de différencier exactement les couleurs, les sons, les saveurs, on n'en peut pas con-
Fig. 28. — Efforts soutenus progressivement, croissant de I à 7 sous l'influence du tabac à fumer. (Même sujet.)
dure qu'il n'est pas physiologique de les distinguer; mais lorsqu'on veut des experts pour apprécier ces difïérences, on choisit des sujets qui réagissent toujours
de la même manière à la même excitation, c'est-à-dire qui soient toujours capables d'avoir constamment la même appréciation sur le même objet. Je n'ai pas fait autrement, j'ai choisi des sujets qui aient des réactions
Ffg. 2(.i. — «, effort répété à l'état normal: h. effort répété BOUB l'influence do musc. [Même sujet.)
constantes, et cette précaution était d'autant plus indispensable que je n'avais jusqu'à présent pour mesurer les différences qu'un instrument grossier, peu sensible. J'ai trouvé une douzaine desujets qui fournissent des résultats constants, tel pour les sensations musculaires, tel pour les sensations olfactives, tel pour toutes les sensations à la fois. Si j'ai souvent eboisipour exemple des hystériques qui donnent, comme je l'ai fait remarquer, des résultats considérablement grossis, ce n'est pas qu'il soit indispensable d'être livstcni|ue pour donner des résultats importants: parmi ceux qui ont bien voulu se soumettre à mes expériences, figurent deux médecins qui constituent des sujets fort remarquables, et j'ai déjà cité l'un d'eux à propos des sensations olfactives.
II faut noter d'ailleurs que. dans des expériences de psychologie, le choix des sujets s'impose souvent. Ainsi, lorsqu'on étudie les sensations visuelles consécutives, le contraste simultané, etc., on constate bien vite que tous
les sujets sont loin de réagir également. M. Wundt a
Bignalé une expérience fort curieuse, qui consiste ;i s'imaginer, les yeux étant fermés, une figure colorée en rouge, et à diriger le regard sur une surface blanche: on aperçoit alors une image consécutive verte. C'est là une expérience fertile "en déductions psychologiques;