‹ Sensation et mouvementChapitre 32 sur 49 · TRANSFERT DE LA FORCE MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

TRANSFERT DE LA FORCE MUSCULAIRE

mètre et le dynamographe. Je marque sur le cylindre le moment de chaque pression du dynamomètre et j'en inscris le résultat, qui, à la fin de l'expérience, est transcrit sur le cylindre aux points terminés. On peut ainsi lire sur la même feuille les courbes du dynamographe (main droite) et les pesées du dynamomètre (main gauche).

Lorsque, comme je viens de le dire, l'aimant a été placé du côté hémiparétique, on voit que, au bout d'un temps variable pour chaque sujet, le premier phénomène est l'exagération de la force musculaire du côté correspondant à l'aimant. Et, chose remarquable, la force peut devenir de ce côté hémiparétique plus considérable qu'elle n'était du côté opposé avant l'expérience ; il a donc un gain immédiat, c'est-à-dire quelque chose de plus que ce qu'on est convenu d'appeler le transfert.

Si, un autre jour, on reprend l'expérience sur les mêmes sujets, en appliquant l'aimant ou l'esthésiogène, non plus sur le côté hémiparétique, mais sur le côté le plus fort, et qu'on enregistre de la même manière les résultats, on voit qu'il se produit tout d'abord une augmentation de la force musculaire du côté de l'aimant, c'est-à-dire cette fois du côté le plus fort, et que le transfert ne se fait que consécutivement. Cette expérience nous explique comment le phénomène communément désigné sous le nom de transfert est moins rapide, lorsque l'esthésiogène est appliqué du côté opposé à l'hémianesthésie ; mais, en outre, elle montre que le premier effet de l'aimant ou du métal spécifique pour le sujet est de déterminer une dynamogénie, quel que soit le côté sur lequel il est appliqué. L'aimant agit donc à la manière des autres excitations sensitives ou sensorielles que nous avons étudiées précédemment.

La constatation de cette action dynamogène, commune aux excitations sensitives, sensorielles et à l'aimant placé à distance, m'a conduit à chercher si une exciféré 5

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tation sensorielle quelconque n'était pas capable de déterminer le transfert.

On sait depuis longtemps que certaines irritations cutanées, que les sinapismes, le collodion, les vibrations du diapason, etc.. déterminent le transfert. On était moins bien fixé, je crois, sur le rôle des excitations sensorielles pures ; cependant, sur certains sujets au moins, on peut par une excitation unilatérale tant soit peu forte du goût, de l'odorat, de l'ouïe, de la vue, produire la dvnamogénie et le transfert. Par exemple, étant donné un sujet anesthesique gaucbe sensible au rouge, si on bouche l'œil droit et qu'on fasse arriver des rayons rouges, exclusivement à l'œil gauche, cet œil qui ne percevait que le rouge voit toutes les autres couleurs que voyait auparavant l'œil droit, et la main gauche donne une pression plus forte que la main droite avant l'expérience, etc. Les observations de M. Brown-Sequard, relatives au transfert provoqué par des lésions expérimentales douloureuses de la moelle, coïncident avec ces faits. Il ne faut plus s'étonner de la multiplicité et de la variété des agents susceptibles de produire le soidisant transfert, qui n'est en somme qu'un épiphénoînéne de la dynamogénie : ne sait-on pas en effet que, chez une hystérique hémianesthésique, une série de transferts provoqués par un esthésiogènè quelconque esl suivie d'un rétablissement au moins temporaire de la sensibilité.

Je reviendrai plus loin sur le rôle esthésiogéne des excitations sensorielles. Mais le point que je désirais surtoul Bignaler., c'est que l'aimanl agit comme un excitant sensoriel et comme dynamogène. J'ai mentionné déjà que certaines excitations non perçues, parce qu'elles portent soit sur des organes atteints d'anesthôsie morbide, soit sur des organes normalement insensibles comme l'utérus, ont des effets dyitamogènos très nets. 11 faut d'ailleurs faire des réserves sur l'ab-

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