‹ Sensation et mouvementChapitre 33 sur 49 · LES MEDICAMENTS A DISTANCE <D · texte numérisé non relu

LES MEDICAMENTS A DISTANCE <D

sence de sensation à l'aimant : certains sujets déclarent qu'ils ont une sensation vague de courant d'air, de vibration, etc., et de ce que ce sont des hystériques, il ne découle pas qu'on soit en droit de nier leur dire. Ces sujets dégénérés, doués d'une vibratilité spécifique inférieure à celle des individus sains, sont ébranlés par des excitations plus faibles.

La similitude d'action de l'aimant et des autres excitants sensitivo-sensoriels est peut-être propre à éclairer un peu l'action physiologique Je l'aimant et à faire cesser certains désaccords qui persistent parmi les observateurs ; il est possible en effet que, suivant le sujet, il agisse tantôt comme aimant, tantôt comme métal, tantôt comme corps froid, etc.

Je ferai remarquer que ces expériences, qui semblent propres à appuyer la possibilité de la perception de l'aimant à distance chez certains sujets, offrent un certain intérêt au point de vue des faits annoncés récemment par MM. Bourru et Burot, relatifs aux effets de certaines substances qui agiraient sans être mises directement en contact avec l'organisme. Lorsque, par exemple, on approche de certains sujets, doués d'une sensibilité spéciale, un flacon d'alcool bouché en apparence hermétiquement, on voit survenir au bout d'un certain temps des phénomènes d'ébriété. Le sujet sent-il les vibrations moléculaires du corps qu'on expérimente, ou les phénomènes qu'il présente sont-ils produits par son imagination.

J'ai expérimenté sur un sujet qui avait servi avec succès à M. Bourru, en bouchant le flacon à l'émeri et recouvrant et le bouchon et l'orifice d'une épaisse couche de cire : il ne s'est rien produit ; j'en conclus que dans l'expérience de M. Bourru l'occlusion était insuffisante ; le sujet a pu sentir l'odeur de l'alcool et la suggestion s'en est suivie. M. Bourru n'a pas réussi à la Salpêtrière à provoquer à distance les effets physio-

Logiques de la piloearpine, tandis qu'un des malades qui lui ont fourni un résultat favorable avait été soumis à Bicètre à un traitement par la piloearpine (1). Cette apparente contradiction parait venir à l'appui dune remarque que j'ai déjà faite autrefois, à savoir « qu'un objet inconnu ne suggère rien ». Il serait intéressant de savoir si, dans les expériences en apparence négatives de M. Dumontpallier relativement à la suggestion de vésicatoires, les sujets avaient eu à supporter des applications de ce genre. On comprend que la su tion peut être grandement aidée lorsque le sujet peut évoquer le rappel d'une sensation véritable (2).

Si on reconnaît d'ailleurs que certains sujets peuvent avoir une sensation cutanée au voisinage de l'aimant, il faudra bien reconnaître du mùmecoupque ces sujets, somnambules, hystériques on névropathes, ces sent comme disait Reicbembacli, sont doués d'une sensibilité exagérée et que par conséquent ils sont capables d'éprouver des sensations et des effcis physiologiques différents de ceux qu'on a l'habitude d'observer chez les sujets sains ou réputés tels.

(Il Un autre malade étudié par MM. Bourra et Burot a été observé depuis a la Salpètrière par M. J. Voisin qui n'a pu retrouver les phénomènes observée à Rocliefort {Soc. mé<.ii:o-}>syckolo<)iiitii\ octobre 1886).

L'étude 'les médicaments à distance mérite toutefois de fixer l'attention au même titre <|ue celle des médicaments à petites doses nui n'a pas toujours été discutée avec toute la méthode scientifique désirable. Il serait intéressant de savoir si l'action des doses infinitésimales ne se tait pas surtout ou même exclusif emeni Ben tir chez des névropathes d'un genre particulier; i|iiel esi le processus de cette action ?

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