Géricault, par Charles Clément
centrant particulièrement dans ses œuvres. Le livre qu'il publie n'a pas pourtant l'unique aml)ilion d'être de la critique ; il veut être aussi de la biographie, — de la critique doublée de biographie, et c'est cette doublure qui, malheureusement, fait défaut. Il ne va pas assez à fond dans la vie et la personne de Géricault. Géricault, qui fut un homme de génie dans son art, n'a pas que l'importance de son génie. Il ne prend pas l'imagination que par ses œuvres. Il la prend aussi par cette puissance de l'homme de génie qui n'a pas tout donné et dont les travaux ont été interrompus par la mort, — la mort venue en pleine jeunesse ! Chai'me sur charme ! Le charme de la mort qui embellit tout, et qui ajoute au charme delà gloire acquise, le charme inou'i de la gloire qu'on pouvait acquérir et l'inexprimable beauté du regret ! Jamais, en effet, l'art de la peinture ne fit une perte plus grande. Géricault mourut à trente-trois ans, dans l'aurore du xix« siècle, — de ce siècle qui commença si bien et qui finit, en ce moment, si mal ! Lord Byron, avec lequel il a tant de rapports sans les avoir cherchés (comme Delacroix, par exemple), est de la même aurore et mourut à trente-neuf ans, laissant, lui, plus de poèmes que Géricault n'a laissé de tableaux; mais le mérite et l'honneur de Géricault est, avec les sieus, de faire penser au plus grand poète des temps modernes. Il n'y a certes pas entre Byron et Géricault une égalité de génie. A l'exception de Beethoven (etencore, peut-être !), Byron n'a point d'égal, — dans quelque art que ce soit. Seule-