Le Cardinal Dubois, \idiV Gapefigue
idées nouvelles, ni à ses débuts dans l’histoire... Avant de mourir., il a entassé une foule de publications osées et légères sur le dix-huitième siècle, qui ne permettent pas d’avoir l’illusion d’une minute sur le sens habituel et la valeur de sa pensée. lia clos ces publications par un livre sur Dubois. Mais ce n’est pas la personnalité vraie et détachée du cardinal Dubois dont il se soucie et qu’il a voulu atteindre dans sa réalité.
Pour Capefigue, en effet, — l’historien idolâtre du dix-huitième siècle, qui, un jour, posa cette thèse inouïe qu’il a toujours continué de soutenir, « que le « dix -huitième siècle était bien plus innocent qu’on ne « croyait », et que le personnel de ce siècle charmant, composé d’une foule de justes comme Monsieur le Régent et ses vertueuses filles, messieurs les roués et leurs amies, le très honorable duc de Richelieu, le tendre et nullement égoïste Louis XV, madame de Pompadour la chaste, madame Dubarry la profonde politique, a été la victime des plus indignes calomnies, — le cardinal Dubois, qui fait partie de ce personnel irréprochable, n’offre pas en lui plus particulièrement que lés autres l’exception rare et toujours isolée (selon nous) d’un de ces grands Calomniés historiques comme il s’en rencontre parfois à certaines places obscurcies de l’Histoire ; car, malgré ses ambitions de vérité, l’Histoire n’est, après tout, que de la parole humaine, soumise à la triste condition de la parole
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humaine, qui est de pouvoir tromper et de pouvoir être trompée.
Evidemment, puisque Capefîgue, qui a tout un siècle à innocenter sur les bras, admet l’incroyable possibilité d’une calomnie universelle, d’une calomnie tombant en patraflas sur tout un siècle et le noyant comme un déluge, le cardinal Dubois, qui est de ce siècle, ne saurait être l’intéressant Calomnié solitaire et perdu dans le vaste champ de la médisance de l’histoire qu’il aurait été si piquant de tirer à part, de montrer isolé en ses mérites personnels, s’il en a, d’éclairer jusqu’au fond de ses intentions et de sa conscience, dans une œuvre juste, qui pouvait aussi être fière... comme un démenti ! Le cardinal Dubois, au lieu d’être cette exception et cette rareté d’un Calomnié solitaire, ne devait donc plus être, sous la plume de Capefîgue, qu’un simple Calomnié de la troupe des Calomniés ordinaires.
11 allait avec tout le monde de son temps. Il était le centième mouton de Panurge de l’hécatombe. De grand homme méconnu et insulté, il tombait dans la tourbe innocente et persécutée et il y perdait la haute distinction de l’injure, en la partageant. Il avait enfin, comme tous les autres, reçu par la figure cette éclaboussure générale que Capefîgue, amoureux des anciennes élégances, s’est donné la mission d’essuyer avec un mouchoir de vieille marquise qui sent l’iris... L’homme et le livre ne devaient plus être que cela.
Et Gapefigue a si bien voulu qu'ils ne fussent que cela et pas autre chose, et qu’on ne pût même pas s’y tromper, qu’il a ajouté, en sous-titre de son livre, au nom du cardinal Dubois, ceux du Régent et de la Régence. Le Régent,laRégence, les éternels petits soupers, toutes ces mille choses mille fois servies, tous ces vieux desserts moisis à dégoûter les rats, voilà ce que nous retrouvons dans ce livre au lieu de l’étude sévère, poignante et intérieure sur Dubois que nous aurions attendue, — mais de tout autre que Gapefigue.
Le cardinal Dubois, qui devrait être en premier dans le livre comme sur la couverture, n’y est pas comme il faudrait qu’il y fût, puisqu’on a timbré le présent volume de son nom et de son chapeau de cardinal. J’y vois le chapeau, mais la tête tonsurée qu’il y avait dessous, où est-elle? Où est vraiment le cardinal? J’aurais voulu voir l’influence du cardinalat et de l’épiscopat sur l’homme et son indignité ; car il y en eut une certainement, en bien ou en mal. J’aurais voulu voir le ministre-prêtre, dans la lumière de la Fonction, se détachant par elle des mœurs de son siècle et même des siennes, s’il s’en était détaché. Dubois, ainsi envisagé, ainsi compris, n’est point dans cette histoire. Il y estimais dans le pêle-mêle de son temps, excusé, innocenté, loué, ni plus ni moins que tous les gens de cet affreux pêle-mêle dans lequel Gapefigue, ce maire de Nanterre de l’Histoire, va cherchant
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partout des rosières, et même des rosiers^ pour avoir le plaisir de les couronner l
Ainsi, je le répète, pas d’étude fortement individuelle sur cette personnalité entremêlée et brouillée du cardinal Dubois, que certains esprits très élevés et très graves — plus graves certainement que Gapefigue — croient tout à l’heure n’être pas si diable qu’on l’a dit et valoir mieux que son infâme et ridicule renommée. A tort ou à raison, elle est en effet tout à la fois infâme et ridicule, la renommée de ce Figaro delà Régence, et cela dans un pays où l’esprit sauve du ridicule presque toujours, quand il n’empêche pas l’infamie. Seulement, restera-t-elle ce qu’elle est encore dans la majorité des esprits? Telle est la question d’aujourd’hui.
La réaction de la vérité contre la calomnie procède comme la calomnie elle-même... Elle commence par raser la terre comme un petit souffle, avant de s’élever et de faire son bruit, qui couvre bientôt tout et met au silence le vieux mensonge accrédité! Aujourd’hui, à cette date du livre de Capefigue,pour ceux qui
épient lesmoindres changements d’opinion dans THistoire, comme les pilotes épient les changements de vent dans les airs, la réaction sur le cardinal Dubois en est au petit souffle qui rase la terre, et ce n’est pas Capefigue qui l’a produite ou provoquée... Elle date de plus loin. Malheureusement, si elle procède comme la calomnie, elle va moins vite qu’elle. Hélas 1 la Vérité est le seul ange auquel Dieu n’a pas donné d’ailes, peut-être pour qu’elle restât davantage près de lui.
Et, notez ceci, c’est précisément le contraire des motifs de Capefigue pour laver Dubois de sa vilaine renommée, qui a déterminé la réaction naissante dont je parle en faveur d’un aussi grand Scandaleux historique que le fut Dubois, et qui la fixera peut-être. Capefigue ayant couronné de fleurs d’orangers la tête virginale du dix-huitième siècle, il n’est pas étonnant que Dubois, dans cette masse de fleurs, ait attrapé son petit bouton. Mais si tout le dix-huitième siècle est aussi vertueux et aussi pur que nous le conte Capefigue, un pareil siècle a le droit du mépris qu’a la vertu pour le vice, et il s’en est servi légitimement contre Dubois ; car enfin Capefigue ne peut pas ignorer qu’il n’y a pas que Saint-Simon et la Princesse Palatine qui aient traité Dubois... vous savez comment !
11 n’y a pas que le jaloux Saint-Simon, qui trouvait Dubois entre lui et l’oreille du duc d’Orléans ; il
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n’y a pas que la mère justement furieuse des accointances et des emportements de son fils, qui aient infligé à Dubois de tels fouaillements de mépris que la marque en restera peut-être à jamais sur le dos de sa mémoire. Ses amis aussi (ses amis de souper ou d’antichambre), et le régent lui-même, eurent pour Dubois de moins cruels et plus joyeux procédés ; mais c’était du mépris toujours, et ils l’en régalèrent. Tout le siècle, en somme, n’eut sur le dro/e, comme on l’appelait, qu’une opinion et, si cette opinion a le droit d’exister. Dubois doit périr sous elle, irrémédiablement dégradé.
Eh bien, c’est là justement, voyez-vous! ce que certains esprits qui ne croient pas, eux, à l’innocence du dix-huitième siècle, ne peuvent accepter. Ils lui refusent le droit du mépris ! Qui le mérite ne peut pas l’exprimer. Ils trouvent suspecte cette épithète de polisson, plantée à poste fixe par le plus polisson des siècles devant le nom du cardinal Dubois. Et cette indignation de Vestale outragée, venant d’un pareil temps, leur paraît une comédie qui a son mot comme toute chose a le sien, et ils s’en inquiètent et ilsle cherchent, et même ils espèrent que dans un temps donné on pourra très bien le trouver!
Tel est, au moment où j’écris, l’état que je rapporte, sans le juger, del’opinion sur le cardinalDuboisparmiles espritspour quil’intérêt de l’Histoire esttouj ours vivant, et pour qui l’Histoire elle-même est non pas seulement
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un mémoire à consulter, mais àremanier bien souvent. C’était donc un moment excellentpour publier un livre sur Dubois, sur cet homme au moins singulier, dont les actes, dès qu’ils furent publics, firent une antithèse avec ce qu’on savait ou ce qu’on croyait de sa vie. Seulement, pour toucher à ce sujet de Dubois, il fallait un courage presque chirurgical. Pour tailler làdedans, il fallait dominer deux impressions : l’impression du ridicule et du fétide, et aller son train sans broncher pour sauver le vrai en péril, s’il y avait réellement du vrai à sauver ! Déjà, deux historiens,. Sévelinges et Lemontey,Lemontey surtout, avec sa netteté spirituelle, avaient rendu justice à la haute capacité du cardinal Dubois ; mais la capacité de Dubois n’a jamais été niée, même par ceux qui l’ont traîné le plus dansla fange.
La moralité du caractère, la direction des idées, le sens des actes, importent bien plus dans la vie que l’esprit et ses inventions, et ni Sévelinges, un scribe de diplomatie, ni Lemontey, un écrivain de moralité philosophique et indifférente, n’avaient fait porter de ce côté-là leurs renseignements et peser leurs observations. Excepté quelques pages, judicieuses et hardies, dues à un Indépendant historique (l’auteur de Ménagé et finances de Voltaire), et qu’on peut regarder comme l’ouverture d’une instruction à poursuivre, tout était donc, sur Dubois, à l’état de pressentiment et de lueurs lointaines.
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Les esprits qui ne gobent pas tout et qui réfléchissent sur la grosseur des morceaux qu’on voudrait leur faire avaler pressentaient que le cardinal Dubois, ce bouc émissaire de tous les Mémoires du dix-huitième siècle, pourrait bien ne pas être tout à fait ce pelé, ce galeux (T où venait tout le mal, et même que, si les admirateurs du dix-huitième siècle continuaient, Gapefîgue excepté, de crier haro sur Dubois, c’était peutêtre aussi parce qu’il s’étàit confessé, comme l’honnête baudet de la fable, — très disposés, les bons princes ! à tout pardonner au drôle s’il était resté drôle, et s’il n'avait pas rangé sa vie en devenant cardinal I
Car voilà le joint où le chirurgien dont je parlais plus haut, le chirurgien d’aplomb et de dextérité, qui surmonte son dégoût, doit enfoncer son instrument pour trouver le vrai et le bon d’une vie, je le veux bien, si longtemps mauvaise I Voilà le nœud difficile à désentortiller, où, si l’on cherche avec ténacité, on doit surprendre le prêtre étreignant l’homme et étouffant " son vice. Certes ! ceci n’a rien d’étonnant pour dès chrétiéns qui croient à la vertu des Sacre-
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ments, ces sources de grâce surnaturelle. Yertu efficace et terrible, puisque celui qui les profane tombe toujours plus bas qu’il n’était déjà tombé. Mais pour ceux-là qui ne sont pas chrétiens et n’entendent rien à la notion théologique de nos dogmes, il reste un fait qu’il faudrait expliquer, cependant, et qui culbute toutes les données de l’esprit humain et de l’expérience, c’est que Dubois, arrivé au pouvoir en montant à genoux, sous les coups de pied, tous les escaliers, et en se traînant sur la poitrine dans la plus orde fange, puisque c’était celle-là qui venait de l’homme, ait été meilleur quand il aurait dû être pire.
Qu’on récapitule ce qu’il était. Il était vieux et furieux d’une ambition qui avait attendu, mais qui enfin tenait sa proie, qui allait dévorer son désir I Ce rongé de débauche, qui sentait la vie lui échapper quand lui venait la puissance, ce valet, barbottant depuis trente ans dans tant de bassesses, qui pouvait maintenant prendre sa revanche et faire boire aux autres tous les vomissements de son cœur, semblait, quand on s’en rapporte aux idées naturelles et purement humaines, ne devoir gu ère offrir à l’observateur que quelque honteuse variété de Tibère ; et c’est le contraire qui eutlieu !
L’exaspérante vieillesse dans un corps dépravé, le bonheur insolent, — ce bonheur qui pourriraitla vertu et ajouterait à la corruption même, — le pouvoir sans limites, qui donne le vertige aux têtes les plus fortes, ne firent point de Dubois le forcené et l’imbécile de
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toute fin d’orgie... Non ! sa vie s’assainit tout à coup comme la place où fut un cloaque desséché. Son esprit, qui n’était qu’aiguisé et souple, s’éleva, et la Fonction, ce mystère d’influence, fut plus forte que tout ce qui aurait dû, dans un tel misérable, être plus fort qu’elle.
Ce fut prodigieux. Il réalisa, sans y manquer une seule fois, tout ce qu’il était impossible d’attendre de lui, et son historien Lemontey s’en étonne presque, en l’admirant. Oui, ce Dubois, qui, par furie d’ambition, j’en conviens, avait entassé en un seul jour en lui l’archevêque sur le prêtre, pour, peu de temps après, y accumuler le cardinal, avait pris la tenue de son état, et, sacré par Massillon, dont la vertu, il faut bien l’avouer, le couvre un peu, il ne démentit jamais par sa conduite celui-là qui avait répondu pour lui devant Dieu. Et en effet, ce qui fut ministre en Dubois, ce fut surtout le prêtre. Il ne donna pas^ lui, dans les bourdes philosophiques du temps. Quand, au dire de Duclos, cet athée indolent de duc d’Orléans voulut faire revivre l’Edit de Nantes, ce fut Dubois qui l’en empêcha.
Dans l’affaire de la bulle Unigenitus^ il enterra placidement et d’autorité le jansénisme, qui avait tant impatienté Louis XIV. « Le temps seul lui manqua» — dit Lemontey — pour livrer l’autorité civile à l’action des pouvoirs religieux. » D’un autre côté, ce singulier continuateur de Louis XIV, qui avait commencé sa
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carrière diplomatique par la triple alliance et la fondation de l’alliance anglaise, fît revivre encore la politique du grand Roi par le double mariage entre les maisons de France et d’Espagne : l’union de Louis XV et de l’Infante, de Mademoiselle de Montpensier et du prince des Asturies, et cela fut, dit Sévelinges, proclamé en Europe comme un chefd’œuvre de politique. Stuartiste sans rompre avec l’Angleterre, ce qui était un tour de force dans l’habileté et dans la justice, s’il avait vécu plus longtemps, au lieu d’un ministre simplement capable, d’une vue incroyablement claire dans un corps si défaillant et SI troublé, il aurait fort probablement donné à la France un grand ministre.
Dieu ne le permit point. Il lui prit le temps nécessaire pour se faire une gloire, et c’est ainsi qu’il le châtia. Son ministère passa comme l’éclair, mais à la lueur de cet éclair il est facile de voir ce que ce chafouin aurait pu être. Arrivé comme un désespoir pour la France de se sentir en de pareilles mains, il. s’en alla comme une espérance. Le jour de la mort du drôle, les actions de la compagnie des Indes baissèrent tragiquement de trois cents francs. C’est que le drôle était devenu sérieux. Travailleur de vingt-deux heures sur vingt-quatre, il faisait tout à lui seul, les autres ministres, par jalousie, lui laissant le poids des
affaires, qu’il porta sans se plaindre, mais qui le tua/
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Tel fut, non pas Dubois, le c/ieua/^er Dubois, comme on l’avait appelé à faire pouffer de rire :
Voilà monsieur Dubois plaisamment figuré...
mais le cardinal Dubois, qui, quand on étudie ses actes à partir de son ordination,* ne fait plus rire du tout, et finit par paraître imposant malgré sa figure de fouine et sa perruque filasse sous son berretino romain. Il est vrai (ce qui est fort à considérer) que les athées de son temps tiennent cette ordination pour sacrilège, et ce sont là de fins connaisseurs en sacrilège et de fiers Pères de l’Église! Mais, si elle l’eût été, auraitelle produit les fruits que nous venons de signaler ? Eh bien, c’est là le Dubois qu’il eût été intéressant de pénétrer et de montrer, mais Gapefigue ne s’en est point douté.
Quant à Vautre Dubois, le précepteur, le petit abbé sans prêtrise, l’ébouriffant et l’ébouriffé chevalier Dubois, il n’en dit absolument que tout ce que le monde en sait ; et encore, Gapefigue, qui vient après Lemontey et qui, par conséquent, doit en savoir beaucoup plus long que Lemontey, ne le répète même pas... Ses renseignements sont très inférieurs à ceux de Lemontey. L’économie du cardinal Dubois, de cét homme économe dans le siècle le plus dissipateur; le bon sens inaltérable de cette tête, qui fut la seule tête de son temps qui ne s’enivra pas de la folie du Système ; la fécondité de
cet inventeur administratif, qui eut l’idée du cadastre, réalisé depuis, et de l’égalité des contributions; la prévoyance de cet esprit ferme, qui avait pensé que Louis XV, très faible alors, pouvait périr, et qui avait établi toute une politique étrangère pour ce cas, et tout un système de politique intérieure s’il vivait; tous ces détails et- tous ces mérites, ce n’est pas Gapefîgue qui nous les a appris... Ils étaient parfaitement connus avant son livre. Que devons-nous donc à son livre? Franchement, je ne le sais pas. Capefigue, dans sa préface, nous raconte que c’est la lecture de la correspondance de Dubois avec lord Stanhope qui l’a éclairé sur l’énorme valeur de l’homme d’État français, mais il ne nous cite pas un seul fait inconnu de cette Correspondance, ni une seule phrase qui nous renseignerait au moins sur le style d’un homme dont on a dit qu’il avait été le Voltaire de la correspondance diplomatique. Assurément, Maurepas, dans ses mémoires et ses commérages sur Dubois, n’est pas plus superficiel que Capefigue. Seulement, Capefigue, c’est le Maurepas de l’admiration et de l’éloge, tandis que Maurepas, c’est le Capefigue du mépris I Mais ils se valent d’influence sur les esprits et doivent jouir de la même considération historique.
Du reste, on n’en eût pas dit tant sur Capefigue, si son livre ne risquait de compromettre le sujet qu’il a gâté en l’effleurant d’une main si maladroitement ignorante. Or, nous voudrions qu’on nous donnât un
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cardinal Dubois sincère, — un livre et non plus un libelle. Macaulay a gauchement tenté, un jour, de réhabiliter Machiavel en le comparant à son époque, plus abominable que lui. Certes! il serait aisé de faire pour le cardinal Dubois ce que Macaulay a fait pour Machiavel, mais, franchement, nous voulons 'plus et nous voulons mieux !
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