CONSÉQUENCE DU DÉFAUT DE RÉCIPROCITÉ ; ÉCLAIREMENT OPTIMUM
On peut encore représenter la formule de Kron d’une manière un peu différente, mettant en évidence une propriété importante de la loi qui lie, dans l'action de la lumière sur la couche sensible, les inten-
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sités aux temps de pose. On porte en ordonnées les valeurs de log It et en abscisses celles de log I :
Loir x V1 | + 1.
La courbe représentative est encore une branche d'hyperbole, mais d'axes parallèles aux axes de coordonnées (fig. 6). Cette courbe montre qu'il existe une certaine valeur 1, de l'intensité pour laquelle est minimum l’excitation nécessaire pour obtenir une valeur déterminée du noircissement. Cette intensité est l'intensité optimum pour lémul-
F1G. 6. — Loi de noircissement de Kron : forme de cette loi obtenue en portant Log I en abscisses et Log If en ordonnées. La position du minimum sur la courbe fait connaître l’éclairement optimum.
sion considérée. Un éclairement inférieur ou supérieur à loptimum exige une excitation plus grande pour produire le même noircissement. Le temps de pose est donc alors toujours supérieur à celui qui résulterait de la loi de réciprocité.
De nombreuses expériences ont été entreprises pour vérifier la loi de Kron et elles l’ont en général confirmée. Les courbes expérimentales ont été trouvées sensiblement différentes d’un type d’émulsion à un autre, mais presque toujours, comme on l’attendait d’après la formule, symétriques, dans un intervalle étendu, par rapport à lordonnée du point d’éclairement optimum. Toutefois, comme on lindiquait déjà ci-dessus, cette symétrie ne s'étend pas aux très faibles éclairements, région dans laquelle les courbes se relèvent brusquement. Il est donc très difficile, aux très faibles éclairements, de donner à une
graduation en temps de pose le sens d’une graduation d’éclairements.
L'influence du développement est généralement faible, quelques révélateurs provoquant une minime translation de lPéclairement optimum et des variations dans la durée du développement modifiant un peu la courbure.
L’éclairement optimum est d'autant plus faible que lémulsion est plus rapide, ainsi qu’il résulte des indications résumées dans le tableau ci-dessous : renseignements relatifs à une source de température de couleur voisine de 2 5000 K.
INTERVALLE DE RÉCIPRO-
TYPE D’'ÉMULSION ÉCLAIREMENT OPTIMUM : ; CITÉ APPROCHÉE Panchromatique très rapide. 0,1 lux 0,0050 à 50 lux Orthochromatique ou non non chromatisée, rapide... 0,2 à 0,3 lux 0,0100 à 20 lux Émuision lente, à reprodue- Lion en. CE VER 2 à 4 lux 0,10 à 100 lux
Jones et ses collaborateurs [19], qui ont examiné beaucoup d’émulsions diverses, ont trouvé que, pour le plus grand nombre d’entre elles, la région des courbes en log If et log I qui entoure l’éclairement optimum est plus aplatie que ne l'avait indiqué Kron. Cet éclairement est, par suite, assez mal déterminé et, pour un palier étendu, s’étendant sur 3 ou 4 unités de logarithme d’éclairement, l’action photographique suit très sensiblement la loi de réciprocité. Dans cet intervalle, où les éclairements varient de 1 à 1 000 au moins, on peut, sans erreur sensible, graduer l’excitation en faisant varier indifféremment les éclairements ou les temps de pose. La 3€ colonne du tableau précédent donne les limites approximatives de la région d'application de la loi de réciprocité.
Il est donc très important, quand on se propose d'effectuer des mesures de photométrie photographique avec une émulsion donnée, de déterminer autant que possible, tout au moins d’une manière approchée, Péclairement de la source sur l’émulsion dans les conditions de l'expérience.
On peut examiner, à titre d'exemple, le cas des mesures discutées plus loin, qui ont été effectuées par la méthode de Ch. Fabry à l’aide de léquatorial coudé de Observatoire de Lyon. L'ouverture libre de l'instrument est de 32 cm et les plages pupillaires photographiques, images de l'objectif éclairé par un astre, ont 0 mm, 4 de diamètre.
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Ainsi qu'on le démontre aisément, léclairement produit sur
émulsion par une étoile de magnitude M serait, en négligeant l’absorption atmosphérique, l'indice de couleur, et les pertes dans l'instrument :
D'où les valeurs particulières suivantes :
M Log E Dee
0 + 0,14 1,39 lux 3 07 0,0851
9 ni 0,000339
Un simple coup d'œil sur ce tableau montre que, si l’on tient compte des facteurs négligés ci-dessus et du fait que les temps de pose les plus courts que l’on puisse tolérer sont de 30 secondes (étoile de 5° magnitude photographiée sur une émulsion non chromatisée rapide), les mesures tombent toujours hors du palier de réciprocité approchée, sur la branche des faibles éclairements de la courbe en log If et log t. Il y aura donc lieu de prendre des précautions pour éviter les erreurs provenant du défaut de réciprocité. Il faudra veiller, par exemple, à ce que les poses d'étalonnage de l’émulsion soient très sensiblement de même durée que les poses sur les astres à étudier.