SENSIBILITÉ SPECTRALE DES ÉMULSIONS PHOTOGRAPHIQUES
Soient, dans le spectre, deux radiations de longueurs d’onde à et X. En choisissant convenablement leurs brillances énergétiques b, et b,, on pourrait arriver à ce que, sur une émulsion donnée, elles produisent la même impression photographique, toutes les autres conditions (temps de pose, développement, etc.) restant les mêmes.
Si la loi de noircissement est la même pour les deux radiations que l’on compare, c’est-à-dire si les courbes de noircissement à éclairement variable et temps de pose constant sont identiques, à une translation horizontale près, le rapport b,/b, donne le rapport des sensibilités de l’émulsion aux deux radiations À et N. Alors si, pour produire le même noircissement, il faut une brillance 2 fois plus grande.
Panchro 2000 a
LogS,
Opta Lumière
Super Fulqur
Log Guilleminot
2 ° ë 4000 A 5000 Ë 4000 5000 À 4OU0 5000 6000 7000 À 1,8 0,6 É 0,6 Kodak 1-G . Isochrom Agfa 1e LogS S ODA Sx Log à Ne
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F1G. 8. — Sensibilité, inertie et facteurs de contraste d’émulsions photographiques diverses.
SENSITOMÉTRIE SPECTRALE ET PHOTOMÉTRIE ASTRONOMIQUE 4]
Hypersensitive llford
Isopan SS Agfa
Fra. 8. — Sensibilité, inertie et facteurs de contraste d’émulsions photographiques diverses (suite et fin).
pour la longueur d'onde À que pour , on pourra dire que émulsion est 2 fois moins sensible à la radiation À qu’à NX.
Il s’en faut toutefois que la condition nécessaire soit réalisée d’une manière générale. La définition précédente ne peut donc être utilisée que dans les domaines spectraux plus ou moins restreints où le coefficient de contraste garde une valeur sensiblement constante.
Dans le cas plus général où l’on veut comparer la sensibilité spectrale de diverses émulsions dans des domaines quelconques, il n’est pas possible de définir cette sensibilité par un paramètre unique. Il faut, en fait, se donner le réseau des courbes de noircissement 1isochromatiques, qui seul permet de fixer, pour toute longueur d’onde, la quantité d'énergie nécessaire pour produire un noïrcissement déterminé.
Si l’on admet, avec J. H. Webb [20], que l’on n’a pas à tenir compte des erreurs de réciprocité, qui sont indépendantes de la longueur d’onde quand on compare des points de même temps de pose et de même densité, il sera commode et correct de construire, à partir des courbes de noircissement isochromatiques, les courbes de sensibilité relative à des niveaux de noircissement déterminés. On les obtiendra donc en portant, en abscisses, les longueurs d'onde, et en ordonnées, l'inverse de la brillance spectrale b, nécessaire pour obtenir le noircissement donné. Les caractères de sensibilité spectrale d’une émulsion seront donc aussi donnés par un réseau de ces courbes à noircissement constant.
On peut considérer, toutefois, du point de vue de la photométrie et de la spectroscopie, deux niveaux de noircissement qui présentent un intérêt spécial : ce sont les noircissements correspondant aux densités 0,6 et 1,5 au-dessus du voile de fond. Le premier constitue un minimum [21], à partir duquel on commence à déceler et à mesurer les raies d'absorption. C’est aussi à son voisinage que l’on aborde la portion rectiligne de la courbe de noircissement. Le second est à peu près au centre de cette partie rectiligne et c’est la région où les mesures de photométrie photographique s'effectuent avec le plus de précision.
es deux données particulières de sensibilité figurent dans les deuxième et troisième colonnes du tableau IX pour les trois groupes d’émulsions qui ont été examinées au cours de ce travail. Ces trois catégories comprennent respectivement des émulsions non chromatisées rapides, des émulsions orthochromatiques et panchromatiques.
Le nombre qui figure dans le tableau est le logarithme de la sensibilité, log S;, soit le logarithme de l'inverse de la brillance spectrale qui est requise pour produire le noireissement considéré. Cette dernière est déterminée à simple lecture sur les courbes de noircissement isochromatiques, telles qu’elles ont été définies au paragraphe précédent.