COURBES DE NOIRCISSEMENT ISOCHROMATIQUES
L'étude des courbes de noircissement isochromatiques et de la variation des facteurs de contraste en fonction de la longueur d’onde est très importante, de divers points de vue. Elle est notamment indispensable pour l'interprétation correcte des données fournies par les spectrogrammes. De même, la photométrie hétérochrome, dont il est fait application par la suite, n’a de sens que dans les régions où ces facteurs conservent une valeur sensiblement constante et, si c’est nécessaire, dans de telles mesures, on doit limiter le rayonnement de la source étudiée par des écrans sélectifs appropriés.
Pour le tracé des courbes de noircissement isochromatiques à éclairement variable, il ne faut pas manquer de remarquer que, si l’on veut que ces courbes soient strictement comparables, il faut porter en abscisses l’éclairement énergétique effectif reçu par l’émulsion.
C’est ainsi que, dans le cas du dispositif expérimental décrit précédemment, on dispose, à l’origine, du rayonnement énergétique mesuré par la brillance spectrale b, de la source étalon. Celui-ci est gradué par les grilles de densités D,, D,, … dont les facteurs de transmission supposée neutre sont tr, — 10 "1, Le rayonnement ainsi gradué est alors modifié par la transparence de l'appareil dispersif et par sa dispersion même. La première est caractérisée par un facteur
SENSITOMÈTRIE SPECTRALE ET PHOTOMÉTRIE ASTRONOMIQUE 39
de transmission +, qui a été défini précédemment ($ 11). Si, d'autre part, la dispersion du spectrographe à pour expression À = /(d), d désignant la distance mesurée sur le spectrogramme parallèlement à la dispersion, l’éclairement incident doit être multiplié par le facteur X',= f'(d).
En définitive, la brillance énergétique efficace correspondant à l’échelon de densité D de la graduation a pour expression :
d'où Log db’, = Log b, — D + Log x, + Log f'
restant entendu que b';, ainsi que l’éclairement correspondant, sont déterminés à un coefficient constant près, le même pour toutes les longueurs d'onde, par suite, notamment, du fait que la transparence du spectrographe n’est déterminée qu’en unités relatives. On construira donc les courbes de noircissementsisochromatiques en portant en abscisses les diverses valeurs de log b', correspondant aux divers échelons de la graduation, et en ordonnées, les densités photographiques correspondantes.
S'il ne s'agissait, toutefois, que de la comparaison des facteurs de contraste, il suffirait de porter en abscisses les quantités — D,, — D,,... Les trois autres termes de l'expression de log b', ne changent pas au cours de la graduation et ils n’ont pas d’autre effet que d’imprimer à la courbe une translation parallèle à l'axe des éclairements.