‹ Sensitométrie spectrale et photométrie photographique astronomique: Application à la méthode photographique de CH. FabryChapitre 4 sur 99 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

L'utilisation de la plaque photographique comme récepteur photométrique se trouve compliquée par la diversité des réponses de l’émulsion aux radiations de longueurs d’onde différentes. Cette complexité s’est beaucoup accrue par suite des progrès réalisés depuis quelques années dans la technique de fabrication.

On ne connaissait, au début, que la plaque sensible à l'extrémité bleue du spectre visible, plus ou moins prolongée dans l’ultraviolet. La sensibilité était uniquement fonction de celle du composé argentique, chlorure, bromure ou iodure, incorporé dans le support (albumine, collodion ou plus généralement gélatine).

Dès 1873, Vogel découvrait que lPaddition à l’émulsion d’une substance à absorption sélective la rendait sensible aux rayons absorbés. Le grand développement de la chimie des matières colorantes organiques ouvrit la voie à des progrès qui sont loin d’avoir dit leur dernier mot.

On a vu se généraliser emploi de plaques dites orthochromatiques, à sensibilité étendue jusqu'aux radiations jaunes. Une troisième étape a fourni des plaques très sensibles à l'extrémité rouge du spectre visible, avec prolongement dans linfrarouge. Il est actuellement possible de fabriquer des émulsions susceptibles d'enregistrer sur chaque type particulier une portion plus ou moins étendue d’un vaste domaine spectral s'étendant de lextrême ultraviolet vers 580 À, jusqu'aux régions de l’infrarouge situées vers 14 000 À.

Toutefois les caractéristiques des plaques fournies par l’industrie sont, en général, trop sommairement définies par les fabricants. Avant de les utiliser pour les recherches photométriques, il faut, au laboratoire, les soumettre à un examen détaillé, qui fait connaître comment

on peut les employer dans les conditions les meilleures et qui donne les éléments nécessaires à l'interprétation physique de leurs réponses. Cette étude a, certes, déjà donné lieu à de très nombreux travaux et l’on pourrait se demander si la littérature courante n’est pas susceptible de fournir les données nécessaires. Mais, d’une part, Pévolution des fabrications est si rapide qu’il ne s'écoule pas d’année où une même marque ne se trouve conduite à améliorer les types de plaques existants ou à en créer de nouveaux. D’autre part, et ceci est la remarque la plus importante, la majorité des travaux sont inspirés par des préoccupations d'ordre industriel ou commercial (cinématographie et travaux d'amateurs). Les tendances des applications scientifiques et notamment astronomiques sont très différentes. Ici, en effet, les flux lumineux sont presque toujours très faibles et les temps de pose très longs, tandis que là, au contraire, il s’agit de réaliser des rapidités toujours plus grandes avec des durées d'impression prodigieusement courtes. Or, on a reconnu depuis longtemps que, dans des conditions aussi différentes, les réponses de la couche sensible n’obéissent pas aux mêmes lois. Enfin les variations de ces réponses avec la longueur d’onde importent généralement beaucoup moins aux techniciens qu'aux physiciens et aux astronomes et la documentation sur ce sujet est très insuffisante. C’est la raison pour laquelle je me suis trouvé conduit à apporter ma propre contribution à cette documentation.

SENSITOMÉTRIE SPECTRALE ET PHOTOMÉTRIE ASTRONOMIQUE Il

DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL x

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