‹ Sensitométrie spectrale et photométrie photographique astronomique: Application à la méthode photographique de CH. FabryChapitre 77 sur 99 · COURBE DE LUMIÈRE · texte numérisé non relu

COURBE DE LUMIÈRE

Toutes les courbes de lumière s’accordent dans les grandes lignes. Les deux maxima sont, en moyenne, de même éclat, de même forme et relativement plats. Le minimum secondaire est aigu et le minimum principal Pest encore plus. Mais tous les observateurs sont unanimes à signaler des irrégularités locales, qui font que les cycles individuels s’écartent souvent d’une manière sensible de la moyenne. On a longtemps douté de l’existence réelle de ces perturbations en raison de l'incertitude des observations par estime visuelle, mais l'emploi de procédés photométriques modernes n’a plus permis d’en faire abstraction. Ces accidents consistent surtout en déformations locales de la courbe de lumière. Pannekoek a montré notamment qu’une telle déformation existait dans les observations d’Argelander juste avant

SENSITOMÉTRIE SPECTRALE ET PHOTOMÉTRIE ASTRONOMIQUE lIl

le minimum principal. Stratonow et Luizet retrouvent quatre accidents sur toutes les courbes de lumière qu’ils ont traitées. Certains observateurs signalent une oscillation du minimum secondaire. Danjon a trouvé un balancement alterné des maxima suivant une périodicité possible de 156 jours environ et il lui attribue, par un effet de stroboscopie, les accidents dont il est fait mention ci-dessus. Il note aussi, en même temps que d’autres observateurs, une dissymétrie de la courbe de lumière au voisinage du minimum principal, la décroissance étant plus rapide que la croissance.

Enfin, Miss Blagg a relevé, dans les séries d'observations qu’elle a traitées, une sous-variation superposée à la principale d'environ 1 demi-période et d’une amplitude voisine de 1 dixième de magnitude. Elle a même donné les éléments suivants pour cette variation secondaire :

Min. = JJ. 2 407 136,12 + 6 j, 584 E + 0 j, 508.10—5E2.

En outre, les époques de ces minima seraient soumises à des fluctuations périodiques de longue durée.

Beaucoup d’autres chercheurs ont relevé des singularités diverses et il faut en conclure que toute série d'observations de courte durée risque de ne représenter qu’un aspect fragmentaire de la variation et la courbe moyenne, à laquelle on doit bien faire appel pour caractériser la variation principale, serait alors très mal déterminée. D’ailleurs, la période de cette dernière est assez voisine de 13 jours et, si on veut la couvrir complètement, les observations doivent être poursuivies pendant, au moins, une douzaine de cycles individuels, soit environ 6 mois, sans préjudice des lacunes inévitables dues aux intempéries. Enfin, toute série journalière d'observations ne représente qu’une assez faible fraction de la période : ce n’est que dans les régions de variation très rapide que, dans une telle série, on peut mettre la variation en évidence et il est matériellement impossible d’encadrer suffisamment un minimum pour en fixer l’époque sans ambiguïté, d'autant plus que 8 Lyrae est une étoile d’été et qu’on ne peut mettre à contribution les très longues nuits d'hiver.

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