‹ Sentiment de Napoléon Ier sur le christianismeChapitre 22 sur 30 · COLONEL GÉNÉRAL PES DRAGONS · texte numérisé non relu

COLONEL GÉNÉRAL PES DRAGONS

Èïiënhé de Jîàttstfùfy, qiiôîtitié feéù mk *oit iUbins Jopùïairé que Celui des Ûrôuot, *é§ Caifti brônne, deâ Në^, Wiapte èhirë leè î]*sive« et lôé plus btâvés de là graridè àtoêé. Besceûdailt d*ufte noble faÈiiùle, Û Côftqiiît tdàà siè ^àdêi à là pointé de l'épéë. a lloththe des eampi^^ ttit ùfl biogrâpïie, 11 attacha éôïi nom à là plupart de ces grandes journées dh iiôs ioldàts ptùdU' ^ë^erit leur sâttg ][)om' faire ôutliér aéxA qu'ôif avait versé sùf les éttafaudô. L'un dés meilleurs ôttciers de cavalerie que la guei^rô ait fjroduits, il était bravé, hùiûain^ déâinlétè^, et cônsét^ tâit au ïnîlieù dés caitipâ ïâ politesse dé nos anciennes mœurs. Il sauva constattuïïéiii fà vlé

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aux émigrés que le sort des armes faisait tomber entre ses mains. »

Pendant la campagne de France^ il donna surtout des preuves de son héroïque intrépidité en même temps que de son humanité. C'est de lui cette belle parole qu'à cette époque on lui entendit souvent répéter :

a — On ne se figure pas ce que c'est que d'entendre de malheureux paysans se plaindre en français. »

On cite encore de lui^ à la même époque^ le trait suivant :

A unea,ffaire près Fontainebleau^ l'Empereur lui commande d'enlever avec ses cavaliers un retranchement hérissé de canons, et d'où l'ennemi faisait un feu épouvantable. Les cavaliers se précipitent tête baissée sur la redoute^ mais inutilement^ les soldats tombent par files entières dans cette entreprise qui semble désespérée. Tout à coup le général Nansouty, qui s'est ému en voyant ainsi moissonner ses braves^ arrête les escadrons et s'avance seul hors des rangs. L'empereur, qui de loin l'aperçoit, étonné, lui envoie demander la raison de ce mouvement, et pourquoi on cesse de marcher 3ur la redoute.

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— Dites à Tempereur^ reprend Nansouty, que j'y vais seul; il n*y a là qu'à mourir.

L'empereur fait cesser Tattaque.

Par suite des fatigues de la campagne^ sans doute^ le général ^ tombé malade^ succomba après de longues souffrances. « Il expira^ dit la Biographie de Michaud^ dans les sentiments religieux qui font de la mort la plus simple une grande action^ et qui^ donnant de la noblesse aux moindres faits d'une vie chrétienne^ les élèvent à la dignité de Thistoire. » .

A cette glorieuse liste on pourrait encore {ti nous n'étions force de nous borner) ajouter bien des noms illustres : de Caulàincourt^ Soidat intrépide/ diplomate éminent^ gentilhomme de cœur et de naissance^^^et dont le testament atteste les sentiments si religieux; — de Beau- HARKAis^ le noble fils de Joséphine^ et. si prodigue de riches présents pour Notre-Dame de Lorette, que ses prédécesseurs n'avaient pas craint de dépouiller; — Jourdan, Thumble disciple de l'abbé Jourdan son oncle; — Victor, duc de Bellune, mort si pieusement entre les bras de Tabbé de Brézé ; et dont on a dit :

Plus braTe que son nom^ plus grand que sa fortune^ Partout où la patrie a des coups à pleurer.

Son corps criblé de balle est là pour les parer. Et fidèle au malheur, encor plus qu*à la gloire, Ses reyers ont toijgours l'éclat d'une victoire.

— -Dayoust^ prince d'Ëckmul^ assisté par son

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chapelain Fabbé Gley^ qui lui administra tous les secours de la religion.

— Vous connaissez, dit le maréchal au digne et savant prêtre, le respect que j'ai toujours professé pour la religion, jusque dans un règlement militaire que j'ai rédigé pour les soldats malades, lorsque je commandais dans le nord.

Mes sentiments féUgieti!^ sottt les àièmes en ce moment.

Citons encore Excelmans, qu'on a dit si assidu aux conférences du Père de Ravignah; — SuChRi^ duc d'Albuféra. LlUustre guerrier répondait & son neveu, qui lui confiait soii intention dô r^ nonfcer à la carrière militaire pout* entrer dané le sacerdoce : — Tu rie dérogeras pas !

JËt d'autres encore que nous pourrions ajôutêi*^ sMI ne fallait clore enfin notre liste.

U; MARÉCHAL BUGËAUD.

Nous ne pouvons cependant résister au désir de placer dans cette galerie de héros chrétiens, et. pour la terminer magnifiquement, le brave maréchal Bugeaud, encore que par la plus glorieuse partie de sa vie il appartienne à une époque plus récente de notre histoire. Néanmoins il date de l'Empire, puisqu'en 1815 il était déjà colonel. Et Ton cite de lui à cette même date cet éclatant fait d'armes :

«t Le 28 juin i815, dit un biographe, le colonel Bugeaud était campé à rHôpital-sou&-Conflans, en Savoie, avec son régiment, lorsqu'il fut attaqué par i 0,000 Autrichiens. Il était là, comme il la dit lui-même plus tard, aux Thermopyles; car s'il laissait passer l'ennemi, nos troupes qui se trouvaient dans la vallée de Maurienne étaient

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compromises; il se dévoue; et, après dix heures d'un combat acharné, il fait 800 prisonniers, tue 2,000 hommes à Tennemi, le met en fuite et reste maître du champ de bataille. »

L'intrépide Bugeaud, qui avait dû tous ses grades à son épée, préludait ainsi admirablement à ces merveilleuses campagnes d'Afrique qui devaient plus tard assurer définitivement à la France la possession de sa plus belle colonie. Nous ne nous étendrons pas sur cette période si brillante de la vie militaire du héros d'Isly, notre cadre ne le permet pas; nous comptons d'ailleurs y revenir dans un autre ouvrage. Bornons-nous quant à présent à ces quelques traits qui peignent l'homme.

Un jour qu'à la tribune on reprochait au général Aymar d'avoir renversé quelques maisons pour épargner le sang des soldats, Bugeaud se leva et il répondit dans son style énergique :

« Est-ce que les soldats sont des Hottentots? C'est le plus pur sang de la France, il faut en être avare et ne pas craindre de renverser des maisons plutôt que de le faire couler! Pour moi, ces maisons seraient-elles en marbre de Paros, je les ferais sauter à l'instant ! »

N'avait-il pas cent fois raison? Le brave mare-

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chaï ne êé bornait pas aux paroles. Sa sollidtudé pour le soldât était extrême. « Uesprît du maf ^j chai, dît M. t. Veuillot, qui s'honore d*avoir è\& quelque temps comme le secrétaire de rillustré capitaine, Tesprit du maréchal s'élevait à tout, descendait à tout. ïl n'accordait pas moins d'importance à un détail d'équipement, de campement ou d'hôpital, qu'à un plan d'expédition. Vingt usages ingénieux qui allègent les fatigues de la marche et les privations du bivouac viennent de lui. Ses soins pour le soldat et Tamitié du soldat pour lui sont restés célèbres. Ce n'était pas sa politique, c'était son cœur qui lut dictait cette vigilance paternelle. 11 fallait entendre les soldats parler du père Bugeaud, de leuf vieux père. »

On ne peut mieux dire.

Enfant d'une époque malheureuse, élevé dan^ les champs et dans les camps, et toujours occupé de quelque lutte guerrière et politique, Bugeaud, pendant lotigtemps, n'éleVait pas son esprit à des pensées plus hautes. Mais éclairé par Texpé- Hence, en présence surtout de terribles catastrophes et devant ces abîmes où la société menaçait de s'engloutir, il comprit que Tépée né

suffit pad h protéger les sociétéi^^ et que lâ croix Surtout est leur îëritable pafladium.

« On noué a mal élevés^ disait-îl alors â « M, Veuillot, et nous avons fairfkusse routé, et à la société s'est perdue. Mais, reprenaît-ïl, du « moins n^ai-je pas â me reprocher d'avoir jâK « mais haï ni attaqué la religion, n C^était vrat et modeste ï loin de Tattaquer, il l'avait servie. . « Jamais sans lui les Trappistes n'auraient pU êutmonter les difficultés de leur établissement à Staouéli. Un pauvre prêtre, ne consultant quô êâ charité, s'était chargé de faire vivre quelques centaines d'orphelins qui vaguaient dans Alger, sans appui et sans asile. Le maréchal admira Son zèle et fut bientôt son plus utile patron. Toxtt & Coup on vient lui révéler un graîid mystère, on avait fait une étrauge découverte : ce prêtre était Un Jésuite, En ce moment-là, le^ Jésuite:^ étaient désignés eii tVance par la presse, pal* la tribune et par les corps enseignants, Cdffîme le plus grand péril de la société; et il y avait des gens en Algérie qui les estimaient plus à craindre que les Arabes. Le lisiaréchal se contenta de demander au donneur d'avis s'il se chargerait des deux cents orphelins que le Jésuite nourrissait. »

« Eloigné pour le service des camps^ dit encore réminent écrivain^ de sa famille qui lui était si cbère^ il allait au combat portant sur sa poitrine une médaille de la sainte Vierge que lui avait donnée sa plus jeune fille; et tous ceux qui Tentouraient ont pu .se convaincre du prix qu'il attachait à ce talisman. Quel bon sourire illuminait son mâle visage^ lorsque^ le soir^ en le quittant^ je lui disais :

— Maréchal, pensez au Dieu que Ton prie à Ëxcideuil. »

. On sait que le maréchal ne s*en tint pas là! La fin de sa vie fut ce qu'on devait attendre de la droiture de son cœur et de son loyal caractère. Surpris par une violente nialadie, il se hâta de faire appeler le prêtre et accomplit avec une tranquille fermeté tous les devoirs du chrétien. Sa mort, quoiqu'elle n'ait pas été celle des champs de bataille, fut pour lui encore une dernière victoire.

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