‹ Sentiments et souvenirs de Firmin Paris [microforme]Chapitre 14 sur 51 · L'AURORE · texte numérisé non relu

L'AURORE

Sicut aurora consurgens.

Quand l'urne matinale

De vermeil et d’opale Répand sur la face des flots Sa vague fraiche et virginale En reflets châtoyants et beaux,

Quand la riante Aurore Fait sourire et colore Le bord des lointains horizons ‘Et que sans épargne elle dore Le faite sémillant des monts,

Les humides feuillages Des forêts, des bocages, Revêtent de vives couleurs, Et, comme les prés, les rivages En riant ruissellent de pieurs ;

Du sublime empyrée

La tenture azurée Reprend sa suave splendeur, Et sa vue, immense, éthérée, Enivre l’âme de grandeur ;

La BiBre.

AU LARGE

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Sous l’épaisse feuillée

De perles émaillée, L'oiseau, frisonnant de plaisir, Etale son aile habillée De rubis, d'or ou de saphir ;

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onsurgens.

IBLE.

Sa gorge se déploie

En longs hymnes de joie, En chants plaintifs, mais frais et beaux, Qu'en notes limpides renvoie La troupe des moqueurs échos ;

L'agneau d’un jour palpite, Bondit, court et s'agite ;

Le taureau frémit, noble et fier,

Le coursier va, se précipite

Et de ses longs crins fouette l’air ; Et le fauve lui-même Malgré sa rage extrême

S'éprend d’indicibles émois,

11 tressaille d’un feu suprême

Dans sa retraite au fond des bois ;

La mantille fleurie

Que revêt la prairie, Le tapis des moîtes gazons, L’insecte qui change de vie Et le reptile aux noirs poisons...

Ah ! toute la nature

Sous l'or ou la verdure Se ravive, forme un seul chœrwr Se répand en un doux murr Et frémit d'aise et de bonheur.

Et plus qu'elle encor, l'âme S'illumine et «'enflamme D'heureux, d'ineffables transports :

Elle admire, et parfois se pâme

Devant ces sublimes décors.

C'est que la nuit amère, Affreuse, délétère, A fini son règne de mort

Et que son humide repaire Du jour est devenu le port

Car cette flamme immense,

C'est le jour qui commence Plein de ris, de vie et de feu, C’est le règne de l'espérance, Le regard propice de Dieu.

Ah ! c'est bien, nombreux êtres, Forestiers ou champêtres, Ou qui peuplez le champ des airs, Vous surtout que Dieu fit leurs maitres, Hommes, précis de l'univers !

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AU LARGE 47

Banissez la tristesse,

Soyez pleins de l'ivresse Que verse la main du bonheu: , Aux plus doux élans d’allégresse Sans borne livrez votre cœur.

Mais ces feux de l'Aurore Devant qui s'évapore Le manteau sombre de la nuit Et devant qui, noir météore, L'horreur froide et lourde s'enfuit,

Ils sont, bien qu'assombrie, L'image de Marie Brillant sur le monde charmé, Quand elle parut à la vie Comme un phare immense allumé.

Telle, et plus douce encore, Sur la nuit incolore Où gisait l’homme avec la mort Brilla cette divine aurore Qui présagea notre heureux sort.

Telle, et cent fois plus belle, Sa lumière immortelle Bannit du monde la torpeur Et sur notre épaule infidèle Brisa l‘affreux joug de la peur.

Du Jour Père de l'être

Qui devait bientôt naître Sur notre brumeux horizon, Où Lucifer régnait en maître, Elle fut le premier rayon.

Sous les voiles funèbres

De nos froides ténèbres Elle épancha les premiers feux, Les seuls feux à jamais célèbres, Et les premiers transports heureux.

Ft nareille à l’Aurore

Qui fait briller et dore La terre et les cieux enchantés, Puis leur jette bientôt encore Des flots de plus vives clartés,

, Marie à la souffrance, A la désespérance, Donna l’éternelle splendeur,

Et l’éternelle délivrance, Et l’éternelle paix du cœnr.

Mais quand le jour éclaire Et les cieux et la terre De sa lumière aux jets féconds, Déjà l’Aurore salutaire Est dans les abimes profonds.

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AU LARGE

La Vierge magnanime

Ne connut pas l’abime Du profond et funèbre oubli :

Mais son éclat vaste et sublime Est par les âges ennobli.

Car le Dieu tutélaire

Dont elle fut la mère Chaque jour accroît sa grandeur, Sa gloire qui ravit la terre Et son ineffable splendeur :

Toujours sa main puissante, Féconde et bienfaisante, Aux bons rend plus douce la pais A ceux que la peine tourmente

Dispense plus grands les bienfaits.

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