V. Huce
Passez pleins d’orgueil et de paix Vas jours si bien remplis d'ignoble frénésie, En lui jetant au cœur des monceaux de regrets Et vous enveloppant de vaste hypocrisie.
Sur le houblon et le pavot
Vous voulez que la nuit il repose sa tête,
Pour rappeler à lui la somme qu'il lui faut Et conjurer la mort qui promptement s'apprête.
Ah! donnez, donnez-lui plutôt Un peu de ce répit si cher à la souffrance, Un jour qui soit sans ombre et sans cruel assaut, Dans vos coups sans vergogne un peu moins d'assurance.
Vous surtout, immondes ingrats Qui noyez sans rougir d’infernale amertume Un mortel qui si grands vous a tendu les bras, Et dont sans se lasser le cœur pour vous s'allume.
Vous, sales ingrats qui vivez De sa fatigue atroce et de son jeûne austère, Dont les pères sans pain furènt par lui sauvés Du froid qui fait blenir, le la faim qui lacère.
Sourds à la voix du souvenir, Vous mordez aujourd’hui la main qui vous protège : Ah ! bientôt va sonner l'heure du repentir En vous noyant de pleurs votre noir sacrilège.
Alors, dans la tombe couché Et glacé par la mort, horrible mais sereine, Vos larmes l'atteindront : il en sera touché, Mais sans qu'à vous, pourtant, rien jamais n'en revienne.
evienne.