Livre II. Chapitre .\x
(( Par contre, sons l'abri d'une fraîche ramée, Je vis Epictetiis, en robe de velours.
Avec de bons amis, féconds en gais discours, Boire à très petits coups du vieux vin d'Apamée,
(( Avoir toujours écus dans sa bourse entamée, A rien faire occuper la paresse des jours, Et d'une belle file, en jupons un peu courts. Applaudir à la danse amoureuse et pâmée.
« Comme je lui parlais, Cyrus, pour s'acheter Quelques pauvres oignons, vint humblement quêter D'un liard ou d'un denier le secours et l'aumône;
(( Le Philosophe alors dit au vieux Roi : u Rien, rien. Un denier; ce n'est pas un denier que je donne; Tiens, prends cet écu d'or, et sois homme de bien. »
Comment finit le Roi Anarquc
IJvrr II. ChapHrp xwi
Du royaume Dipsode après la juste perte, Anarque eut le bonheur qu'on lui donnât quartier; Il n'était bon à rien, le royal lunetier; On le fit à la fin crieur de saulce verte.
On logea Sa Hautesse en une loge ouverte Au coin de la grand place avec un beau mortier; Il fut beaucoup de temps sans savoir son métier, Quoique tous les matins il pria saint Euverte.
Comme il était garçon, à la vieille Honesta
On maria Sa Grâce, et le pauvre bêta
Dès la lune de miel fut battu comme plâtre.
Donc, si de prendre femme il vous vient le désir. Dans le sac aux serpents en tâchant de choisir Prie^ que Dieu vous gard de femme acariâtre.
-"S 40 So-
Rabelais à ses Lecteurs