‹ Sept générations d'exécuteurs 1688-1847 (volume 2)Chapitre 12 sur 43 · LB SAUF-CONDUIT · texte numérisé non relu

LB SAUF-CONDUIT

confortable. Elle offrait surtout cet avantage, que les appartements dans lesquels mon grajidpère recevait le public étaient complètement séparés de Thabitation de famille. On entrait d'abord dans une grande cour carrée longue, à Texception d'un des angles, légèrement écorné, et où se trouvait placée la grille qui donnait accès dans la maison. Les bâtiments étaient à droite ; ils comprenaient : au rez-de-chaussée, , pour Thabitation, un vestibule, une vaste salle à manger et une cuisine; pour mon grandpère, une antichambre et un cabinet de réception , une belle pharmacie et un laboratoire ; aux étages supérieurs, les chambres à coucher. D'autres bâtiments, se prolongeant au delà de la cour, sur une seule ligne qui continuait celle du mur d'enceinte , formaient une succession de servitudes, telles que remise, écurie, bûcher, buanderie, etc. Le long de ces derniers bâtiments était un parterre, et enfin k l'extrémité, sur toute la largeur de la propriété, un jardin

potager. Bon sang ne peut mentir; ma grand'mère n'avait pu oublier entièrement les occupations de sa jeunesse» et c'était pour elle une

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douce distraction que de diriger et de surveiller la culture de ce parterre et de ce potager, qui réalisaient à eux deux le fameux : miscuit utile dulci.

Ce n'était plus le quasi-parc du faubourg Poissonnière; mais enfin, ce n'en était pas moins quelque chose d'agréable, et tout ce qu'on avait pu tirer de la superficie du terrain, tout ce que Charles-Henry Sanson, du reste, pouvait ambitionner dans une situation de fortune bien inférieure à celle de son père et de son aïeul.

De 1778 à 1789, la vie s'écoula calme, austère, patriarcale dans cette maison, que ne franchissaient pas les bruits du dehors. Tout le monde y subissait l'ascendant des vertus et de la bonté de Marie-Anne Jugier. Jamais il n'y était fait la moindre allusion aux sanglantes occupations qui venaient trop souvent interrompre, pour les hommes , la paix de cette existence. Si parfois il arrivait à un des aides qui s'asseyaient à la table des maîtres de laisser échapper une parole imprudente se rattachant à quelque chose du métier, un sévère regard

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