‹ Sept générations d'exécuteurs 1688-1847 (volume 2)Chapitre 19 sur 43 · LB MARQUIS DB FAVRAS MB · texte numérisé non relu

LB MARQUIS DB FAVRAS MB

Il s'agissait de réunir une armée de trente mille royalistes, dont Tenrôlement et l'armement devaient s'opérer assez secrètement pour que rien ne transpirât avant le moment de l'action.

Une entreprise de cette nature exigeait autant d'argent que de discrétion, et malheureusement ces deux conditions étaient difficiles à concilier ; M. de Favras se donna beaucoup de mouvement pour réunir les fonds nécessaires, il communiqua son plan à plusieurs personnes dont il reçut plus d'éloges que d'espèces.

Trois racoleurs, nommés Morel, Turcati et Marquies le dénoncèrent, et, dans la nuit du 25 décembre, le comité institué par l'Assemblée nationale pour rechercher les crimes de lèsenation, faisait arrêter le marquis et la marquise de Favras, à leur domicile de la place Royale.

Dès le lendemain de Tarrestation de M. de Favras, une main anonyme donna à la canispiration un chef, ou un complice d'un rang bien autremait élevé, que Tancien lieutenant des gardes suisses de Monsieur.

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Voici la drculaire qui fut répaudae par milliers dans la ville :

or Le marquis de Favras a été arrêté avec

madame son épouse la nuit du 24 au 25, pour

un plan qu'U avait fait de soulever trente mille

hommes, pour faire assassiner M, de Lafayette

et le maire de la ville, et ensuite nous couper

les vivres. Monsieur, frère du roi, était à la

tôte.

» Signé Bar AUX. »

Cette dénonciation anonyme, car il était probable que le sieur Baraux n'existait que sur le papier, n'en excita pas moins une vive émotion dans la ville, et Topiaion publique avait acquis im tel prestige que M. le comte de Provence ne dédaigna pas de répondre à Taoousation. Cette dernière se corroborait, du reste, par le bruit beaucoup mieux fondé que, dans quelques-unes des démarches qu'il avait hasardées auprès des banquiers, M. de Favras g^était dit autorisé par le prince, pour souscrire en son nom un emprunt de deux millions.

Le 26 au soir, M. le comte de Provence

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86 rendit à l'Hôtel-de-Ville , et adressa le àx^cours suivant à la commune.

« Messieurs,

ï> Le désir de repousser une calomnie atroce m'amène au milieu de vous. M. de Favras a été arrêté avant-hier par ordre de votre comité des recherches, et Ton répand aujourd'hui, avec affectation, que j'ai de grandes liaisons avec lui. En ma qualité de citoyen de la ville , de Paris, j'ai cru devoir venir vous instruire moimême des seuls rapports sous lesquels je connais M. de Favras.

» En 1772,il est entré dans mesgardessuisses, il en est sorti en 1775, et je ne lui ai pas parlé depuis cette époque. Privé depuis plusieurs mois de la jouissance de mes revenus, inquiet sur les paiements considérables que j'ai à faire en janvier, j'ai désiré pouvoir satisfaire à mes engag€(ments sans être à charge au trésor public. Pour y parvenir, j'avais formé le projet d'aliéner des contrats pour la somme qui m'était nécessaire : on m'a représenté qu'il serait moins onéreux à me& finances de contracter un em-

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prant. M. de Favras m'a été indiqué, il y a environ quinze jours par M. de la Châtre, comme pouvant TeflEectuer par deux banquiers, MM. Schaumel et Sartorius. En conséquence, j'ai souscrit une obKgation de deux millions, somme nécessaire pour a<5quitter mes engagements du commencement de Tannée et pour payer ma maison ; or, cette affaire étant purement de finance, j'ai chargé mon trésorier de la suivre, je n'ai point vu M. de Favpas, je ne lui ai point écrit, je n'ai eu aucune communication avec lui, ce qu'il a fait d'ailleurs m'est parfaitement inconnu. »

Cette déclaration que le frère du roi appuyait de chaleureuses protestations de patriotisme, en rappelant habilement les sentiments libéraux qu'il avait montrés dans l'Assemblée des notables, fut accueillie avec enthousiasme nonseulement par la Commune, mais encore par la foule qui stationnait devant l'Hôtel-de- Ville

Le peuple n'était pas encore accoutumé à rencontrer des princes du sang parmi ses courtisans. La démarche de MoNSifiUB caressait les

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