‹ Sept générations d'exécuteurs 1688-1847 (volume 2)Chapitre 22 sur 43 · LB MARQUIS DE PAVRA · texte numérisé non relu

LB MARQUIS DE PAVRA

Après avoir entendu une nouvelle lecture du jugement.

M. de Favras prit le papier des mains du greffier, et, après Tavoir lu d'une voix haute et distincte, il ajouta :

— Prêt à paraître devant Dieu, je pardonne à ceux qui m'ont accusé. Je meurs innocent. Le peuple demande ma mort à grands cris. S'il lui fallait une victime, je préfère que son choix tombe sur moi plutôt que sur quelque innocent, faible peut-être, que l'approche d'un supplice non mérité jetteifâit dans le désespoir. Je vais expier des crimes que je n'ai point commis.

Alors il s'agenouilla et pria quelques instants à voix basse.

Lorsqu'il se releva, son teint, jusqu'alors trèaanimé, était un peu pâli, il demanda à boire ; puis, d'un pas ferme, il remonta dans la charrette où sa contenance resta ferme et digne.

Lorsqu'on arriva sur la place de Grève, il demanda à monter à l'Hôtel-de-Ville. Le bruit courut sur la place qu'il faisait des révélations, et le peuple qui tremblait toujours de perdre le

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sinistre dénoûmeui qu'il attendait, donnait à comprendre par son agitation, que le nouveau souverain serait aussi jaloux de ^o^ bon plaisir^ que l'avaient été les rois, ses prédécesseurs.

M. Quatremère, conseiller du roi auChâtelet, recevait les déclarations de Favras, ce qu'on appelait encore le testament de mort.

Ce testament de mort qui fut imprimé quelques jours après l'exécution, ne nomma personne, mais une de ses phrases n'en contenait pas moins ime accusation terrible contre un personnage dans lequel ^es historiens ont voulu voir M. le comte de Provence. Ce testament de mort est du reste un modèle du courage poussé jusqu'au stoïcisme. On y remarque ce passage :

. «... Je le supplie de représenter à la Cour qui m'a jugé, qu'une de ses victimes souhaite devenir pour elle un sujet de circonspection qui la fasse balancer à prononcer des arrêts de mort, s'il se présente à ses yeux quelque autre accusé, aussi extraordinairement impliqué que je l'ai été. »

Sa déclaration dictée, M. de Favras demanda

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