‹ Sept générations d'exécuteurs, 1688-1847 (volume 3)Chapitre 3 sur 8 · II · texte numérisé non relu

II

chand de toile de la cour, parla à son patron de la singulière persécution que les principes démocratiques de Jean-Louis Louscliart lui avaient value dans la maison de l'étrange aristocrate à tablier de cuir. M. Lecointre voulut voir le jeune homme, il fut frappé de sa distinction; intéressé par la sensibilité avec laquelle il parlait de son malheur, il l'admit dans sa maison aux appointements de huit cents livres par an.

Mais M. Lecointre , malgré sa • qualité de marchand de la cour, passait pour complètement acquis aux idées nouvelles. Cet abandon de l'état paternel, ce choix du patronage d'un révolutionnaire bien connu, n'étaient pas faits pour apaiser le courroux de maître Mathurin,' ils constituèrent à ses yeux de nouveaux griefs qui mettaient le comble à ceux que déjà il se croyait; ils confirmaient ses accusations, ils scellaient le jugement qu'il avait porté sur ce fils ingrat : ils les séparaient à jamais.

Il affecta alors de ne plus prononcer le nom de son fils et, s'il avait à s'informer sur sa situation personnelle, de se représenter comme

aifrancM de tous les liens, de toutes les obligations qu'imposent la paternité .

Bientôt il annonça à tous ses voisins qu'il allait se remarier, et le choix qu'il avait fait était un nouveau témoignage de la haine qu'il portait désormais à son fils.

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