‹ Sept générations d'exécuteurs 1688-1847 (volume 5)Chapitre 22 sur 27 · A.S8BL1NEAU · texte numérisé non relu

A.S8BL1NEAU

se livra lui-même aux aides. La demie de quatre heures sonxiait comme sa tête tombait dans le fatal panier. >

Dix jours après, c'est-à-dire le 18 mai, nous remontions la guillotine pour le nommé Alexandre Buisson, âgé de vingt-neuf ans, tailleur de pierres, né à Nancy (Moselle), ayant d^neuré à Issy, près Paris, chez le logeur Ëngerand. Cet homme avait été condamné, par un arrêt de la Cour d'assises de la Seine du 11 avril précédent, à la peine capitale, pour assassinat suivi de vol. Il fut exécuté sur la *' place de Grève, à quatre heures de Taprèsmidi.

Je passe rapidement, en les mentionnant toutefois, sur les exécutions qui n'offraient point de circonstances particulières; ainsi de celles que nous allâmes faire, dans le courant de cette môme année, le 18 juillet, à Versailles» sur im vannier de Rambouillet, appelé Charles-Christophe Hervé, condamné à mort par la Cour d'assises de Seine^t-Oise pour avoir empoisonné sa fille, un enfant de dix-huit mois. U fut exécuté à midi précis sur la place

du Vieux-Marché; de môme aussi de Jean- Baptiste Emery"; âgé de trente-huit ans, condamné, par arrêt de la Cour d'assises de TOise du 13 juin, pour tentative d'empoisonnement; qui fut exécuté le 4 août, sur la place publique de Beauvais.

Voici encore une des rares figures qui intéressent dans ce salon de Curtius de la guillotine : c'est Honoré-François Ulbach, l'assassin de la petite Aimée Millot, surnommée la bergère d'Ivry . Le lecteur ne s'attend pas à ce que je récrive dans tous ses détails cette triste idylle à laquelle était réservé un sanglant dénoûment. L'histoire est si touchante que, comme celle de Lesurques, elle est passée, je crois, de la Cour d'assises au théâtre, où ses émouvantes péripéties ont fait pleurer bien des beaux yeux. Pourtant il ne s'agit plus là d'un innocent condamné par erreur, mais bien d'un coupable qui méritait un châtiment sévère. Pourquoi donc cette pitié qui s'attendrit presque autant sur le sort de l'assassin que sur celui de sa victime? C'est qu'ici le mobile du crime cesse de se puiser dans les bas- fonds de la nature hu-

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