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phique de ce livre et faire connaître le contrecoup que ce grand événement eut dans la famille même de celui qui avait été si longtemps le principal instrument du système atroce que l'on venait enfin de renverser.
J'ai déjà reproduit le manuscrit de mon j>ère dans lequel il raconte comment il fut incorporé, ainsi que son oncle , dans l'artillerie parisienne, où ils avaient été élevés , l'un au grade de sous-lieutenant, et l'autre à celui de capitaine. Si cette étrange époque, qui enfantait tant d'idées, eût produit dans l'ordre des faits quelque chose de stable, que ce corps de l'artillerie parisienne eût survécu aux circonstances orageuses qui l'avaient fait naître , et que les officiers qui en faisaient partie eussent été maintenus dans leurs grades, il est à croire que mon père n'eût jamais échangé son épée de capitaine contre la hache de Charles-Henry Sanson, et que la succession, se trouvant ainsi interrompue, notre triste héritage de famille ne serait point venu jusqu'à moi. Mais le second manuscrit de mon père , que je vais reproduire aussi fidèlement que le premier, va
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nous apprendre que ces honneurs militaires qui l'avaient un instant bercé de si trompeuses espérances s'évanouirent non-seulement comme une vaine famée, mais encore faillirent le rendre victime, ainsi que son oncle, de la réaction qui suivit le 9 thermidor.
Voici ce manuscrit; c'est la suite des états de service de mon père dans lo corps de l'artillerie parisienne :
« Après mon expédition en Brie, j'étais donc rentré à Paris, où je passais mon temps presque inoccupé, faisant quelques rondes aux postes occupés par mes hommes et leur faisant faire aussi de temps à autre l'exercice du canon, lorsque je fus tiré tout à coup de cette demioisiveté par une mission qui faillit me devenir bien funeste.
» Nous étions au 9 thermidor. Une vive anxiété régnait dans toutes les sections de la capitale, car toutes sortes de bruits circulaient au sujet de la lutte engagée dans le sein de la Convention entre les factions qui recommençaient encore à se disputer le pouvoir. On se
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rendait en foule, dans noire section, au lieu où l'on avait habitude de s'assembler ; j'avais fait comme les autres, lorsqu'un ordre de la Commune arriva et m'enjoignit de me rendre avec ma compagnie et deux pièces de canon à la place de Grève, devant l'Hôtel-de-Ville. Quoique cet ordre me fût envoyé par l'adjudant général qui avait coutume de me les transmettre, j'éprouvais une certaine hésitation, et j'eus la précaution de monter à, notre assemblée de section pour lui communiquer l'ordre et demander son avis. On me répondit que je devais obéir, puisque l'ordre était signé de l'adjudant général. Je fis plus encore : étant ;issez lié avec divers membres des comités, je les consultai aussi, en leur faisant observer que je me considérais toujours comme faisant partie de la section, malgré la situation exceptionnelle qui me plaçait sous la dépendance d'officiers supérieurs qui y étaient étrangers. Ces membres des comités, en me louant île la franchise de ces ouvertures, furent aussi d'avis que je devais obtempérer au commandement qui m'était fait.
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» Il n'y avait donc plus à hésiter ; je rassemblai mes hommes, mis mes pièces en batterie, pris des munitions, et nous partîmes. Arrivés à la place de l'iïôtel-de- Ville, nous fîmes , comme ceux qui s'y trouvaient déjà , Iront sur toute la ligne, et nous nous rangeâmes en bataille, en attendant de nouveaux ordre*. Pendant ce temps-là, on s'interrogeait les uns les autres pour connaître la cause de ce mouvement ; mais les bruits étaient si différents et si contradictoires qu'il était impossible d'y démêler rien de certain . Les uns disaient que la Convention nationale était dissoute et qu'un grand nombre de ses membres avaient formé une conspiration ; les autres prétendaient, au contraire, que c'était la Commune, à lateto de laquelle se trouvaient Kobequerre, Couthon, Saint-Just, Henriot, commandant général de la garde nationale, et plusieurs autres. L'opinion flottait à chaque instant entre ces versions si opposées. Quand la discorde éclate ainsi entre les diverses autorités qui composent le pouvoir, l'officier, dont la mission ne consiste qu'à obéir, doit se trouver fort embarrassé et ne sa-